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Les patrons de CroissancePlus réclament "la retraite par capitalisation pour tous"

Thibaut Bechetoille, le président de CroissancePlus

Thibaut Bechetoille, le président de CroissancePlus - BFM Business

L'organisation patronale CroissancePlus détaille dans un rapport une réforme des retraites fondée sur l'introduction d'une part de capitalisation qui serait plus sociale que l'actuel système par répartition.

Plus qu'une réforme ce serait une révolution du système des retraites. C'est ce que propose l'organisation CroissancePlus qui regroupe des PME et des ETI françaises. Dans un rapport publié cette semaine, elle trace les contours d'un système de retraites par capitalisation. Alors que le gouvernement songe toujours à réformer les retraites d'ici la fin du quinquennat, CroissancePlus veut aller plus loin.

"Nous faisons une proposition phare, explique ce mardi sur BFM Business Thibaut Bechetoille, le président de CroissancePlus. Il faut introduire de la capitalisation. On sait que c'est le sujet qui fâche. Il faut le faire de manière mesurée. Dans nos modèles on a une répartition 90/10 entre la répartition et la capitalisation."

Un sytème par capitalisation qui serait en partie à l'origine de la superpuissance financière américaine depuis quelques décennies.

"Il faut revenir à l'origine. La domination de la technologie américaine c'est trois facteurs, rappelle Thibaut Bechetoille. Le premier, c'est la taille du territoire américain. Le deuxième, c'est la dépense publique fléchée dans la Silicon Valley -le département de la Défense qui donne de très gros contrats à des acteurs de la cybersécurité et du big data. Et le troisème, c'est la Bourse. Et la Bourse ce sont les fonds de pension."

Le succès américain

Pour autant, CroissancePlus ne souhaite pas rompre avec le système par répartition qui prévaut en France mais simplement introduire davantage de capitalisation.

"Sans aller jusqu'à un système extrême et trop libéral comme le sont les Etats-Unis, il faut avoir cette réflexion sur introduire de la capitalisation, estime-t-il. On aborde ces propositions sous l'angle des enjeux sociétaux qui sont la compétitivité, la baisse des dépenses sur l'économie, l'innovation et la souveraineté."

Concrètement il ne s'agirait pas d'un système individuel où chacun épargnerait pour sa propre retraite mais d'un fonds géré de manière collective pour tous les Français.

"C'est une mesure qu'on pourrait qualifier de sociale puisque ce serait la capitalisation pour tous, décrit Thibaut Bechetoille qui détaille le rendement fondé sur les performances boursières. Quand vous avez un euro de répartition, 20 ans après vous avez toujours un euro. Avec la capitalisation, vous aurez entre deux et trois euros. C'est un peu comme un fonds souverain des retraites. Il faut le généraliser pour que ce ne soit pour quelques personnes aisées."
Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco