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Wall Street finit sans direction entre chiffres de l'emploi et tensions Chine-USA

Le Dow Jones a pris 3,80% sur l'ensemble de la semaine.

Le Dow Jones a pris 3,80% sur l'ensemble de la semaine. - Johannes EISELE - AFP

Wall Street a terminé la semaine en ordre dispersé, se satisfaisant des chiffres mensuels sur l'emploi et du taux de chômage aux Etats-Unis mais s'inquiétant de la nouvelle escalade sino-américaine et de l'impasse des négociations au Congrès sur le plan de relance.

Le Dow Jones a pris 0,17% à 27.433,48 points, enregistrant une sixième hausse consécutive. Le Nasdaq a en revanche reculé de 0,87% à 11.010,98 points. L'indice élargi S&P 500 a grappillé 0,06% à 3.351,28 points. Sur l'ensemble de la semaine, le Dow Jones a pris 3,80%, le Nasdaq a gagné 2,47% et le S&P 500 s'est apprécié de 2,45%.

L'économie américaine a créé 1,8 million d'emplois en juillet, selon un rapport mensuel du département du Travail. Ce chiffre est largement inférieur à juin, où 4,8 millions d'emplois avaient été ajoutés, un record. Le ralentissement de juillet est notamment dû à la résurgence du virus dans une large partie du pays. Le taux de chômage aux Etats-Unis a lui baissé à 10,2% en juillet, soit un repli de 0,9 point de pourcentage par rapport à juin. Les analystes avaient anticipé un taux de 10,5%.

Selon Shawn Cruz de TD Ameritrade, ce rapport a été "bien accueilli" par le marché, car il "correspond à ce qu'on pouvait attendre avec les réouvertures des commerces" en dépit de la hausse des cas de contamination dans le pays.

Regain de tensions entre Washington et Pékin

La Bourse new-yorkaise a toutefois été lestée par le regain de tensions entre Washington et Pékin, qui se sont cristallisées cette semaine autour de mesures radicales de Donald Trump contre les applications mobiles chinoises TikTok et WeChat. Selon Shawn Cruz, ces décrets font peser un risque de représailles de la Chine contre les entreprises technologiques américaines. "Si cela se produisait, cela serait un grand facteur de volatilité", indique l'expert, qui rappelle le poids boursier des géants américains de l'internet.

De fait, Amazon (-1,78%), Microsoft (-1,79%), Apple (-2,27%) et Alphabet (-0,44%), la maison mère de Google et YouTube, ont tous fini en baisse vendredi.

Les mesures annoncées vendredi par Washington contre des dirigeants hongkongais ont encore fait monter d'un cran les tensions sino-américaines. Dans l'après-midi, les Etats-Unis ont annoncé des sanctions à l'encontre de onze dirigeants hongkongais, dont la cheffe de l'exécutif Carrie Lam pour avoir voulu restreindre l'autonomie du territoire ainsi que "la liberté d'expression ou de réunion" de ses habitants. 

Par ailleurs, les acteurs du marché se sont montrés déçus de l'absence de compromis entre démocrates et républicains au Congrès autour de nouvelles mesures d'aide aux collectivités, entreprises et ménages frappés par l'impact de la pandémie. A l'issue des négociations infructueuses de vendredi, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a annoncé qu'il comptait recommander à Donald Trump d'agir par décret présidentiel. 

Parmi les valeurs du jour, Uber a plongé de 5,21%. La société californienne, durement frappée par l'impact de la pandémie, a fait part jeudi soir d'une perte nette de 1,8 milliard de dollars et de revenus en chute libre au 2e trimestre.

Les Bourses européennes à l'équilibre

Les Bourses européennes sont restées proches de l'équilibre vendredi dans une séance calme, qui a été poussée dans le vert par les chiffres de l'emploi aux États-Unis. 

La hausse la plus significative s’est produite à Francfort, avec +0,66%. Milan a gagné 0,21% puis Paris et Londres 0,09%. Madrid s’est replié de 0,11%. 

L'indice CAC 40 a grappillé 4,39 points à 4.889,52 points, dans un volume d'échanges de 2,2 milliards d'euros. Sur la semaine, le rebond est net, à 2,21%, mais de moindre ampleur que la chute de 3,5% observée la semaine précédente.

Sur le plan des valeurs, à Londres, le laboratoire pharmaceutique Hikma Pharmaceuticals a bondi de 10,94% à 2.393,00 pence après des résultats en hausse pour le premier semestre grâce à une demande accrue en raison de la pandémie de Covid-19, et relève ses prévisions pour l'année 2020.

A Paris, Airbus a fini en tête du CAC 40 avec une hausse de 1,42% à 69,30 euros. Sur la semaine, l'action a gagné plus de 10%. 

A Francfort, Goldman Sachs a recommandé d'acheter le titre du géant des télécoms, Deutsche Telekom, ce qui a bénéficié au titre (+2,66% à 14,84 euros) également dopé par des résultats bien accueillis de sa branche américaine T-Mobile.

Sandrine Serais avec AFP