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Wall Street fait fureur au cinéma

Shia LaBeouf dans le film Wall Street (2010)

Shia LaBeouf dans le film Wall Street (2010) - -

"Le loup de Wall Street", sorti ce mercredi 25 décembre, montre encore une fois que la Finance est une source d'inspiration pour les cinéastes. Crise oblige, les films se basant sur des événements réels intervenus sur les marchés sont de plus en plus nombreux ces dernières années. En attendant d'autres?

La très attendue sortie du "Loup de Wall Street", ce mercredi 25 décembre, montre à quel point la Finance inspire le cinéma. Ces dernières années, les films mettant en scène les marchés se sont en effet multipliés.

Certes, avant la crise des subprimes, les traders ont nourri les scénarios de plusieurs productions hollywoodiennes de renom. Mais la faillite de Lehman Brothers, en 2008, et la crise qui a suivi ont évidemment accéléré la tendance.

Aux nombreux documentaires (Cleveland contre Wall Street, Inside Job ou encore Goldman Sachs la banque qui dirige le monde) s'ajoutent les fictions à proprement parler. En voici une sélection :

> Wall Street (1987)

Ce film d'Oliver Stone narre les aventures d'un opérateur de marché, Bud Fox, interprété par Charlie Sheen, aspirant à devenir un grand nom de la Finance.

Il rencontre une star de Wall Street, Gordon Gekko, joué par Michael Douglas. Ce dernier est un "corporate raider", c'est à dire qu'il investit dans des entreprises pour les restructurer dans la douleur et les revendre ensuite.

Au fur et à mesure, le magnat de la Finance demande au jeune homme de lui obtenir des informations confidentielles, pour battre le marché en commettant des délits d'initiés.

Si le film ne se base pas sur un évènement particulier, il était sorti dans les cinémas américains seulement deux mois après le krach du 19 octobre 1987, lorsque le Dow Jones s'était effondré de 22,5% en une seule séance.

> Rogue Trader (1999)

On a tendance à l'oublier, mais bien avant Jérôme Kerviel, le premier grand "trader fou" était Nick Leeson, employé de la Barings, une banque britannique.

Envoyé en 1992 à Singapour il spécule sur les contrats à terme de l'indice singapourien, le SIMEX. Le trader prend des positions non autorisées, dissimule ses pertes, et fait perdre 880 millions de livres à sa banque, qui fait faillite, en 1995. Le trader n'a alors que 28 ans !

C'est cette histoire que raconte le film Rogue Trader , avec dans le rôle principal Erwan McGregor, connu pour jouer Obi-Wan Kenobi dans la saga Star Wars. Il se base sur l'autobiographie de Nick Leeson, parue en 1996.Pour l'anecdote, ce dernier, sorti de prison en 1999, est ensuite devenu le manager général du club de football irlandais Galway United.

> Wall Street 2 (2010)

La suite du premier opus d'Oliver Stone sort deux ans après la crise de 2008. Le réalisateur ne reprend qu'un de ses personnages clefs, Gordon Gekko, fraîchement sorti de prison, qu'il met face à un jeune trader joué par Shia LaBeouf, révélé par la série Transformers.

Moins bonne que le premier Wall Street, cette suite fourmille néanmoins de clins d'oeil au monde réel de la Finance. Une banque fictive du film porte ainsi le nom de Churchill Schwartz, référence quasi-explicite à Goldman Sachs, comme le notait alors The Economist.

Dans le film, Gordon Gekko parle des dérivés de crédit comme étant "des armes de destruction massive". C'est en réalité ce qu'avait écrit le célèbre investisseur Warren Buffet, en 2003, dans une lettre adressée aux actionnaires.

> Krach (2010)

Malgré sa date de sortie, ce film ne traite pas de la crise financière de 2008. Il raconte comment un trader français de Wall Street découvre, par hasard, une corrélation forte entre l'évolution des marchés et les variations du climat.

Après avoir été licencié par son employeur, il monte son propre fonds et spécule à partir d'un modèle basé sur les fluctuations météorologiques. Mais, très vite, la folie des grandeurs le gagne, et le marché finit par le battre.

Le réalisateur, Fabrice Génestal, a eu l'idée de réaliser ce film après avoir lu un article du Monde. Celui-ci relatait la déroute du fonds LTCM (Long Term Capital Management), qui avait fait trembler les bourses mondiales en 1998. Ironie du sort, Le Monde, dans sa critique du film, écrit que "tout semble à côté de la plaque, faute de modestie, d'enracinement et d'authenticité".

> Margin Call (2011)

Ce film au casting imposant (Demi Moore, Jeremy Irons, Kevin Spacey ou encore Simon Baker, le “mentaliste” de TF1) s’inspire librement de la faillite de Lehman Brothers. Alerté par son ancien chef, un jeune trader chargé des risques découvre que sa banque a accumulé des pertes potentielles gigantesques des produits dérivés de crédits immobiliers.

Cette découverte va donner lieu à une réunion de crise, présidée par le directeur général de la banque. Ce dernier s’appelle John Tuld, un nom hybride, entre Richard Fuld, le patron déchu de Lehman Borthers, et John Thain, celui de Merrill Lynch expliquait le Wall Street Journal.

Ce huis clos financier a été remarqué par la critique. Il n’en demeure pas moins cynique. A la question “Comment as-tu pu dépenser 2,5 millions de dollars en une année?”, l'un des personnages du film répond "300.000 dollars pour mon emprunt immobilier, 50.000 pour ma voiture, 150.000 pour mes parents et 76.520 pour l'alcool et les prostituées. Surtout les prostituées".

Julien Marion