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UPDATE2: PSA: le gouvernement veut plafonner la part de Dongfeng au capital - sources

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(Actualisation: précisions sur la succession de Thierry Peugeot et informations sur un vote du conseil, mardi, en vue d'un accord avec Santander au sujet de Banque PSA; cours de clôture.) PARIS (Dow Jones)--Le gouvernement français a pris des mesu

(Actualisation: précisions sur la succession de Thierry Peugeot et informations sur un vote du conseil, mardi, en vue d'un accord avec Santander au sujet de Banque PSA; cours de clôture.)

PARIS (Dow Jones)--Le gouvernement français a pris des mesures pour empêcher Dongfeng Motor Group (0489.HK) de s'emparer de PSA Peugeot Citroën (UG.FR) lorsque le constructeur automobile chinois sera devenu l'un des principaux actionnaires du groupe, ont indiqué vendredi des personnes ayant directement connaissance du dossier.

Le gouvernement et Dongfeng se sont accordés sur les principaux termes d'un accord dans le cadre duquel ils souscriraient à une augmentation de capital de 3 à 3,8 milliards d'euros et prendraient chacun une participation d'environ 14% dans PSA, ont ajouté ces personnes. La participation de la famille Peugeot, qui détient 25,4% du capital du constructeur automobile, serait diluée et ramenée au même niveau.

Le conseil de surveillance de PSA devrait approuver mardi un projet d'accord. Le document serait ratifié à la fin mars, lors d'une visite officielle à Paris du président chinois Xi Jinping, ont indiqué les personnes interrogées.

Dans l'optique de limiter l'influence du groupe chinois sur PSA, le gouvernement a prévu une clause selon laquelle Dongfeng s'engage à ne pas augmenter sa participation dans le groupe français avant plusieurs années, peut-être dix ans, ont précisé les personnes interrogées.

Cette restriction s'appliquerait également à l'Etat français et à la famille Peugeot.

Une possible levée de fonds de 3,8 milliards d'euros

Cette clause protège également Dongfeng contre le risque de voir la famille Peugeot, qui ne dispose pas aujourd'hui d'une capacité financière suffisante pour recapitaliser le constructeur elle-même, tenter d'en reprendre le contrôle dans les années qui viennent, a précisé l'une des sources.

Un porte-parole du ministère de l'Economie n'a pas répondu aux demandes de commentaire. Le porte-parole de Dongfeng, Zhou Mi, a indiqué que le groupe chinois et PSA étaient toujours en négociations sur certains points et qu'aucun accord n'avait été signé.

PSA et Dongfeng ont engagé des négociations en vue de mettre en place une alliance industrielle, qui pourrait impliquer une augmentation de capital.

PSA émettrait pour 3 milliards d'euros de nouvelles actions, une opération à laquelle l'Etat et Dongfeng participeraient à hauteur de 800 millions d'euros chacun. Le groupe donnerait par ailleurs à ses actionnaires actuels la possibilité d'acheter une nouvelle action pour trois détenues, ont expliqué les personnes interrogées. Si toutes les options sont exercées, PSA pourrait lever un montant total de près de 3,8 milliards d'euros, a précisé l'une des sources. Cette dernière opération diluerait les participations de Dongfeng, de l'Etat et de la famille Peugeot à environ 12%, a-t-elle ajouté.

Succession

Les futurs actionnaires principaux - le gouvernement et Dongfeng - doivent encore se mettre d'accord sur le candidat qui succédera à Thierry Peugeot au poste de président du conseil de surveillance, ont indiqué les personnes proches du dossier.

Selon elles, le gouvernement soutient la candidature de Louis Gallois, l'un de ses conseillers et ancien président d'Airbus Group (AIR.FR), qui siège au conseil de PSA. Certains membres de la famille Peugeot ont proposé Gérard Hauser, qui dirigeait le fabricant de câbles Nexans (NEX.FR) jusqu'en 2009.

Dongfeng souhaiterait pour sa part que le président du conseil soit indépendant, a précisé l'une des sources.

Gérard Hauser n'a aucun lien apparent avec le gouvernement, mais il n'a pas la même expérience professionnelle que Louis Gallois, a indiqué l'une des personnes.

Ni Louis Gallois ni Gérard Hauser n'ont pu être joints pour le moment.

Lorsqu'ils se réuniront mardi prochain, les membres du conseil de surveillance de PSA devraient également approuver un accord avec la banque espagnole Banco Santander (SAN.MC) pour lui transférer une partie de Banque PSA, la filiale de financement du constructeur automobile, ont ajouté les personnes interrogées. Selon elles, Santander assurerait l'essentiel des besoins de refinancement de Banque PSA. Une porte-parole de Santander n'a pas souhaité faire de commentaire.

L'action Peugeot a clôturé vendredi en hausse de 2,3% à 12,39 euros.

-Noémie Bisserbe et David Pearson, The Wall Street Journal

(David Gauthier-Villars et Rose Yu ont contribué à cet article)

(Version française Emilie Palvadeau)

(END) Dow Jones Newswires

February 14, 2014 12:55 ET (17:55 GMT)

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