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UPDATE: Lafarge et Holcim confirment négocier une fusion entre égaux

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PARIS (Dow Jones)--Les deux premiers cimentiers mondiaux en termes de chiffre d'affaires, Lafarge (LG.FR) et Holcim (HOLN.VX), ont confirmé vendredi avoir engagé des négociations afin d'examiner un projet de fusion "entre égaux". Les gr

PARIS (Dow Jones)--Les deux premiers cimentiers mondiaux en termes de chiffre d'affaires, Lafarge (LG.FR) et Holcim (HOLN.VX), ont confirmé vendredi avoir engagé des négociations afin d'examiner un projet de fusion "entre égaux".

Les groupes n'ont pas détaillé les modalités et les implications d'une telle opération, qui pourrait se heurter à des obstacles réglementaires en raison des parts de marché élevées détenues par le groupe français et son homologue suisse sur le marché du ciment.

"Aucun accord n'a encore été conclu et il n'existe aucune certitude que ces discussions mèneront à un accord définitif", a précisé Lafarge dans son communiqué.

"Lafarge et Holcim estiment que, compte tenu de la forte complémentarité de leur portefeuille et de la proximité culturelle entre les deux sociétés, il existe une logique à examiner un tel rapprochement, dont la réalisation se traduirait par des effets positifs tant pour les clients et les salariés que pour les actionnaires des deux groupes", a indiqué le cimentier français.

Plus forte hausse du CAC 40, l'action Lafarge a bondi de 8,9% à 64,09 euros vendredi. A Zurich, Holcim s'est adjugé 7,7% à 80,85 francs suisses.

L'annonce de cette possible alliance, qui donnerait naissance à un groupe réalisant plus de 30 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel, intervient alors que les grands cimentiers mondiaux cherchent à réduire leurs surcapacités à une période de faible activité dans le BTP en Europe et de ralentissement dans certaines régions d'Asie.

Obstacles réglementaires en vue

Néanmoins, ce projet de fusion franco-suisse pourrait être confronté à des obstacles réglementaires importants.

Le ciment étant un matériau bon marché à fabriquer mais coûteux à transporter, les cimentiers installent leurs usines près de leurs principaux marchés. Par conséquent, Lafarge et Holcim sont aujourd'hui les deux principaux acteurs dans de nombreux pays.

Un rapprochement "se heurterait à des problèmes de concurrence en France, en Allemagne, aux Etats-Unis et au Canada, ce qui n'est pas évident à surmonter", souligne Martin Huesler, analyste de la Banque cantonale de Zurich.

En Suisse, la Commission de la concurrence examinerait également les conséquences potentielles d'une fusion, a indiqué Patrik Ducrey, vice-directeur Industrie et Production de l'institution.

Des concessions sont probables

Pour obtenir l'aval des autorités, les deux groupes proposeront probablement une série de cessions d'actifs.

En 2013, la fusion de Lafarge et Tarmac, l'activité de construction au Royaume-Uni d'Anglo American (AAL.LN), n'avait obtenu le feu vert des autorités britanniques de la concurrence qu'après d'importantes concessions. Un porte-parole d'Anglo American a refusé de commenter l'impact qu'une fusion entre Holcim et Lafarge pourrait avoir sur sa joint venture Tarmac.

Lafarge et Holcim ont l'un et l'autre connu des déboires avec des acquisitions réalisées par le passé. Les deux groupes se sont endettés de manière importante afin de se développer sur de nouveaux marchés avant d'être affectés par la crise de l'immobilier aux Etats-Unis en 2008 et la crise de la dette souveraine en Europe.

Lafarge a en outre souffert des retombées du Printemps arabe en 2011 et 2012, alors qu'il avait lourdement parié sur le Moyan-Orient en rachetant la société égyptienne Orascom Cement.

Une alliance réduirait les coûts de financement de Lafarge

Après avoir atteint un point haut à 17 milliards d'euros en 2008, la dette de Lafarge s'établissait à 10,3 milliards d'euros à la fin 2013. Le groupe français anticipe un nouveau repli de sa dette à 9 milliards d'euros d'ici à la fin de cette année, grâce à des cessions d'actifs et des gains de productivité.

Selon l'analyste Abdelkader Benchiha chez Natixis, une alliance pourrait permettre de réduire les coûts de financement de Lafarge, car Holcim est mieux noté par les agences de notation.

Malgré de nombreux chevauchements, "cette alliance aurait du sens d'un point de vue géographique et industriel", a commenté Abdelkader Benchiha. "Lafarge est très présent en Afrique et Moyen-Orient, alors qu'Holcim est actif en Amérique latine. Dans les pays ou les deux groupes sont en concurrence, s'associer leur permettrait de réduire leurs coûts, notamment à travers la fermeture d'usines", a également indiqué l'analyste.

-Thomas Varela, Inti Landauro et John Revill, Dow Jones Newswires; +331 40 17 17 72; thomas.varela@wsj.com

(Noémie Bisserbe et Alexis Flynn ont contribué à cet article)

(Version française Valérie Venck)

(END) Dow Jones Newswires

April 04, 2014 12:59 ET (16:59 GMT)

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