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UPDATE: L'agence Moody's maintient la note de la France mais reste vigilante

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PARIS (Dow Jones)--L'agence de notation Moody's a maintenu, vendredi, la note de crédit de la France, l'assortissant toujours d'une perspective négative en raison de son inquiétude sur la perte de competitivité de l'économie française. Moody's

PARIS (Dow Jones)--L'agence de notation Moody's a maintenu, vendredi, la note de crédit de la France, l'assortissant toujours d'une perspective négative en raison de son inquiétude sur la perte de competitivité de l'économie française.

Moody's a confirmé la note du pays à "Aa1", soit un cran en dessous de la note maximale "AAA" qu'elle attribue aux dettes souveraines.

Dans son communiqué, l'agence a souligné que le maintien de sa perspective négative était lié à la perte de compétitivité de l'économie française, qui risque d'affaiblir les projections de croissance à long terme du pays, ainsi qu'à ses craintes d'une nouvelle dégradation des finances publiques.

L'agence de notation rappelle que le ratio de dette rapportée au produit intérieur brut (PIB) est passé de 90,2% en 2012 à 93,6% en 2013, et qu'il devrait atteindre, selon ses estimations, 95% à la fin 2014.

Moody's a toutefois tenu compte dans son évaluation des récentes annonces de François Hollande relatives à la réduction des dépenses publiques et à la baisse du coût du travail afin de stimuler la compétitivité des entreprises du pays

Mais l'agence a jugé que la mise en oeuvre et l'efficacité de ces initiatives politiques étaient "compliquées par la persistance de rigidités" en matière de code du travail ainsi que sur les marchés des biens et des services.

L'agence considère également que la flexibilité de la politique budgétaire actuelle est "limitée" ce qui, outre les difficultés politiques, "implique un risque persistant de ne pas atteindre les objectifs budgétaires".

Paris est de son côté confiant dans sa capacité à atteindre ses prévisions en matière de déficit, en dépit du creusement plus prononcé qu'attendu du déficit budgétaire en 2013, en raison de rentrées fiscales moins importantes que prévu, notamment de la part des entreprises. Le gouvernement a toutefois repoussé de 2013 à 2015 l'objectif visant à ramener le déficit budgétaire sous le seuil de 3% du produit intérieur brut.

La décision des agences de notation peut influer sur les taux souverains et les coûts d'emprunts des pays même si, dans le cas de la France, les précédentes dégradations n'ont pas eu d'effets majeurs.

Lorsque S&P a privé la France de son "AAA" en janvier 2012, le rendement de l'emprunt à 10 ans, qui évolue en sens inverse de son prix, se situait autour de 3%. Quand Moody's a, à son tour, procédé au retrait de la note maximale de la France en novembre 2012, ce taux avait reculé à 2% avant de tomber à un nouveau record de 1,7% au printemps 2013.

Le rendement du 10 ans est remonté depuis et offrait un taux de 2,4% vendredi.

-Will Horobin, DOW JONES NEWSWIRES

(Version française Jérôme Batteau)

(END) Dow Jones Newswires

January 24, 2014 18:01 ET (23:01 GMT)

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