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Taux: frannchissement de seuils psychologiques majeurs.

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(CercleFinance.com) - Cette journée de jeudi ne marque pas vraiment un tournant pour les marchés obligataires puisque la tension générale des taux longs ne fait que confirmer une tendance profondément ancrée dans la réalité des choses depuis

(CercleFinance.com) - Cette journée de jeudi ne marque pas vraiment un tournant pour les marchés obligataires puisque la tension générale des taux longs ne fait que confirmer une tendance profondément ancrée dans la réalité des choses depuis début mai dernier.

En revanche, il n'est pas exclu qu'il se produise un 'déclic' psychologique avec un T-Bond qui teste les 3% et un Bund qui explose(de plus de 10Pts de base) au-dessus des 2% (à 2,05% au plus haut vers 16H30), ce qui propulse nos OAT au-delà des 2,6%.

D'incorrigibles optimistes se réjouissent: la dégradation des Bunds et des OAT engendre une contraction du 'spread' par rapport aux pays du Sud.
Le raisonnement serait valide si les rendements se détendaient symétriquement en Italie, en Espagne et au Portugal.

Mais ce n'est pas le cas puisque les BTP affichent 4,50% (+8Pts de base), les 'bonos' 4,56% (+7Pts de base)... et le '10 ans' portugais bondit à 7% (contre 6,6% jeudi dernier).
Donc les taux se tendent absolument partout, peut-être un peu plus vite aux Etats Unis et en Allemagne... mais évoquer une 'normalisation' semble abusif et reflète la volonté de voir le verre toujours à moitié plein.

Cette journée était marquée par le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), laquelle a décidé de maintenir inchangés le taux directeur (0,5%)... et de produire un discours rigoureusement identique aux précédents (politique monétaire accommodante, taux durablement bas, inflation contenue, nécessité d'assouplir les réglementations du marché du travail dans de nombreux pays).

Lors de la conférence de presse qui a suivi, Mario Draghi a réitéré son diagnostic d'une croissance lente.
La récession va marquer le pas en 2013 (le PIB de la zone Euro ferait -0,4% au lieu de -0,6%) mais la reprise sera moins vigoureuse en 2014 (+1% contre +1,2% antérieurement).
La seule véritable annonce -qui constitue en fait une mise au point- c'est que la BCE ne dérogera pas aux règles qui lui interdisent tout soutien monétaire à la Grèce (Athènes va devoir se débrouiller seul avec ses créanciers, ce qui ne surprend personne).

Outre-Manche, à l'issue de la réunion de son comité de politique monétaire, la Banque d'Angleterre (BoE) a de nouveau annoncé un maintien de son programme de rachats d'actifs à 375 milliards de livres et de son taux de référence de 0,50%.

Aucune surprise donc du côté des banques centrales, il faut donc rechercher les cause de l'actuelle tension des taux du côté des statistiques américaines.
Par ordre chronologique, ADP annonçait vers 14H15 que le secteur privé américain a créé 176.000 postes en août, soit un peu moins que les 180.000 à 200.000 anticipés par le consensus... et le nombre de licenciement a fortement progressé par rapport au mois de juillet.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage s'établissent à 323.000 (légèrement moins bien que prévu) mais la productivité US est revue à la hausse de +0,9% à +2,3% au 2ème trimestre et l'ISM des services ressort en nette hausse à 58,6 contre 56 en juillet alors qu'une contraction vers 55 était attende (le secteur financier a le vent en poupe).
La seule véritable déception du jour provient d'un repli de -2,4% des commandes aux entreprises.

Si Wall Street affiche une absence de réaction assez singulière, les marchés obligataires en revanche ont choisi leur camp : le rendement des T-Bonds grimpe vers 2,97% contre 2,9% ce matin (l'objectif des 3% est peut être pour ce soir), le '30 ans' affiche 3,87% et les Bunds font encore pire avec une dégradation de -5% qui propulse le rendement du '10 ans' à 2,04% (niveaux relevés à 17H).

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