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Scandale du Libor: 14 ans de prison pour un ancien trader

La banque UBS, l'un des anciens employeurs du prévenu refuse de commenter cette condamnation

La banque UBS, l'un des anciens employeurs du prévenu refuse de commenter cette condamnation - fabrice coffrini / AFP

C'est la première condamnation dans le cadre de l'affaire du Libor: Tom Hayes, ex-trader vedette d'UBS et de Citigroup, a été condamné à 14 ans de prison pour avoir manipulé les taux d'intérêt entre 2006 et 2010.

Il aura fallu neuf semaines de procès et sept jours de délibérations pour arriver à ce verdict: ce lundi, l'ancien trader vedette d'UBS et de Citigroup a été reconnu coupable de l'ensemble des huit chefs d'accusation de tentative d'escroquerie portés à son encontre. Agé de 35 ans, Tom Hayes est condamné à 14 ans de prison pour manipulations présumées du marché des taux d'intérêt Libor. Une peine qui marque une nouvelle étape dans ce scandale financier qui a éclaté il y a sept ans et qui a mené à l'inculpation de 21 personnes.

Premier procès 

Le Serious Fraud Office (SFO) britannique accusait Tom Hayes d'avoir été au coeur d'une conspiration avec les traders et courtiers d'une dizaines d'institutions financières, et de les avoir persuadés, parfois à l'aide de pots-de-vin, de l'aider à manipuler les taux d'intérêt pour en tirer des bénéfices. Le trader aurait ainsi manipulé les taux Libor sur des montants estimés à 450.000 milliards de dollars, entre 2006 à 2010. L'accusation a relevé que Tom Hayes avait ignoré les signaux d'alerte alors qu'une enquête avait été lancée au niveau international dès 2008, au plus fort de la crise financière.

La hiérarchie savait-elle ? 

Durant son procès, l'ex-trader, qui plaidait non coupable, a déclaré qu'il n'avait jamais caché ses pratiques et que ses responsables hiérarchiques étaient au courant. Dans un communiqué, la banque UBS, l'un des anciens employeurs du prévenu, a indiqué qu'elle n'avait pas à "commenter une affaire entre le SFO et M. Hayes". Citigroup n'a pas souhaité non plus faire de commentaire.

Ce scandale a secoué les banques et firmes de courtage les plus puissantes au monde en les poussant à verser quelque 9 milliards de dollars d'amendes. 

Charlyne Legris avec AFP