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Résilier son contrat d'assurance sera plus facile

Changer d'assureur pourrait devenir plus facile

Changer d'assureur pourrait devenir plus facile - -

Le Sénat examine, à partir de ce mardi 10 septembre, le projet de loi consommation de Benoît Hamon. Le texte prévoit, notamment, la possibilité de résilier plus facilement les contrats d'assurance. Une idée qui ne plait pas à tous.

Le projet de loi consommation de Benoît Hamon est examiné à partir de ce mardi 10 septembre, au Sénat. Il prévoit parmis beaucoup d'autres mesures la possibilité pour les assurés de résilier leurs contrats à tout moment et sans frais, après un an d'engagement.

Pour Jean-Luc de Boissieu, secrétaire général du Groupement des entreprises mutuelles d'assurance (GEMA),"cette mesure n'est pas illogique. Elle a pour but de faciliter le passage d'un assureur à un autre sans le justifier". Une volonté largement relayée par les associations de consommateurs, avec au premier rang l'UFC Que-Choisir, qui souhaitent une meilleure concurrence dans le secteur.

"Il est évidemment toujours possible de résilier à n'importe quel moment en envoyant une lettre recommandée à son assureur, la résiliation prenant effet à échéance. Mais dans les faits, personne n'effectue cette démarche. C'est le syndrome de procrastination bien connu pour les tâches administratives ennuyeuses. Et les assureurs bénéficient de l'inertie bien compréhensible des consommateurs. Ils sont donc dans les faits pris au piège de leur contrat d'assurance", souligne malicieusement Tanguy Thévenet, directeur général et fondateur d'Hyperassur.com. Le projet de loi serait donc "une avancée indéniable et majeure", selon lui.

Pourtant, la réalité n'est pas si simple. Car ce texte risque de "fortement perturber beaucoup d'opérateurs économiques", explique Jean-Luc de Boissieu, du GEMA. "Lorsqu'un propriétaire demandera l'assurance habitation de son locataire, rien ne certifiera que le locataire est bien assuré pendant un an. Et les policiers auront du mal à contrôler les assurances des voitures". La conséquence l'alarme:"cela va remettre en cause la force du contrat d'assurance. On va perdre confiance en lui".

Baisse ou hausse des tarifs ?

Il n'empêche, ce projet pourrait faire baisser les tarifs d'assurance. "Dans un marché concurrentiel, les contrats perdus par l'assureur A seront gagnés par l'assureur B, donc les prix seront meilleurs pour un profil donné. La vertu de cette mesure sera de donner plus de liberté au consommateur, tout en forçant les assureurs à être plus compétitifs. Ceci s'appelle la libre concurrence, tout simplement", explique Tanguy Thévenet.

D'autres évoquent à l'inverse une probable hausse des tarifs. "A partir du moment où il y a plus de fluidité et donc plus de concurrence, les assureurs vont devoir engager plus de frais marketing et publicitaires pour attirer et fidéliser les clients. Des coûts qui se répercuteront forcément sur les assurés", avance Stanislas Di Vittorio, créateur d'Assurland.

Une idée reprise par Jean-Luc de Boissieu: "les frais administratifs vont être alourdis. Au lieu de faire des contrats tous les ans, cela pourrait être tous les trois mois".

Diane Lacaze