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PLUS EUROPE: Vodafone semble désormais plus une proie qu'un prédateur -WSJ

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John Jannarone et Renee Schultes THE WALL STREET JOURNAL LONDRES (Dow Jones)--Le pari de Vodafone (VOD.LN) sur le marché de la téléphonie mobile aux Etats-Unis a enfin payé. Se lancer dans une nouvelle aventure ou bien se retirer du jeu, voilà m

John Jannarone et Renee Schultes

THE WALL STREET JOURNAL

LONDRES (Dow Jones)--Le pari de Vodafone (VOD.LN) sur le marché de la téléphonie mobile aux Etats-Unis a enfin payé. Se lancer dans une nouvelle aventure ou bien se retirer du jeu, voilà maintenant l'alternative pour l'opérateur télécoms britannique.

Vodafone a confirmé lundi la cession de sa participation de 45% dans Verizon Wireless à l'américain Verizon Communications (VZ), pour un montant de 130 milliards de dollars. Le groupe britannique ne peut vraiment pas se plaindre du prix payé, qui équivaut à 9,4 fois l'excédent brut d'exploitation de Verizon Wireless.

Les actionnaires de Vodafone ne peuvent pas non plus se plaindre de la manière dont le groupe va utiliser le produit de l'opération. Une part de 71% de ce que va recevoir Vodafone va être reversée à ses actionnaires, y compris les actions Verizon émises pour financer l'opération et 23,9 milliards sur les 58,9 milliards de dollars que va débourser l'américain en numéraire.

Pas de trésor de guerre

Il ne faut pas s'attendre à ce que Vodafone mène une campagne d'acquisitions effrénée. Après versement de cash aux actionnaires et paiement des impôts, le groupe prévoit d'afficher un endettement net représentant environ une fois son excédent brut d'exploitation. Si cela confère une certaine flexibilité à Vodafone, l'opérateur télécoms ne dispose pas exactement d'un trésor de guerre.

Les avantages apportés par des opérations de fusion-acquisition destinées à gagner en taille pourraient se révéler limités. Avoir la capacité de proposer des offres groupées associant Internet, téléphonie et télévision constitue certes un atout, mais les abonnés ne changent pas d'opérateur du jour au lendemain.

Vodafone lui-même sait bien qu'un acheteur aux poches bien remplies risque de dépenser de manière trop précipitée. Le groupe a attendu patiemment que le français Vivendi (VIV.FR) lui rachète en 2011 sa participation de 44% dans l'opérateur mobile SFR, au prix fort de 8 milliards d'euros.

Ambitions d'AT&T

Vodafone peut bien sûr se contenter de racheter de petites entreprises sur des marchés où le groupe est déjà présent. Mais comme de telles opérations ne changeraient pas grand-chose à sa taille ni à son profil, le groupe britannique resterait lui-même une cible d'acquisition.

L'américain AT&T (T), qui a exprimé son intérêt pour des actifs de téléphonie mobile à l'étranger, apparaît comme l'acteur le mieux placé pour s'emparer de Vodafone.

L'opérateur télécoms britannique faisant maintenant davantage figure de proie que de prédateur, les investisseurs ont intérêt à attendre un peu avant de reprendre leurs billes.

-John Jannarone et Renee Schultes, The Wall Street Journal

(Version française Lydie Boucher)

(END) Dow Jones Newswires

September 03, 2013 06:29 ET (10:29 GMT)

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