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Paris: les records s'enchainent, marché à sens unique.

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(CercleFinance.com) - Le CAC40 (+0,87%) a pris 15Pts au cours des 5 dernières minutes de cotations ('fixing' inclus et affiche maintenant +6,1% sur le mois de février, soit la meilleure performance mensuelle depuis juillet 2013 (vu le recul de -6%

(CercleFinance.com) - Le CAC40 (+0,87%) a pris 15Pts au cours des 5 dernières minutes de cotations ('fixing' inclus et affiche maintenant +6,1% sur le mois de février, soit la meilleure performance mensuelle depuis juillet 2013 (vu le recul de -6% des résultats trimestriels des entreprises -hors financières, avec des profits purement 'comptables-, cette envolée est complètement 'hors norme', pour ne pas dire plus).

La fin de séance présentait toutes les caractéristiques de 'rachats paniques' de vendeurs, renforcés par l'incompréhension totale devant l'ampleur d'un mouvement haussier non seulement inattendu ce lundi (baisse des places asiatiques ce matin, hausse de l'or) mais également injustifiable à la lumière de l'actualité du jour (et de celle des séances précédentes).

Paris (+0,87%) pulvérise un nouveau record annuel à 4.419Pts et aligne une 13ème séance de hausse sur 15 (dont 2 de quasi stabilité): tout comme vendredi, le CAC40 explose les compteurs dans des volumes proprement estivaux puisqu'il ne s'était échangé que 1,5MdsE à 16H (au bout de 7 heures de cotations) et 2,75MdsE en clôture.

Ceci témoigne bien d'avantage d'une capitulation des vendeurs que d'une véritable vague d'achat, dont en se demande ce qui pourrait la motiver, en dehors de la promesse utopique du G20 d'ajouter 2% de croissance d'ici 5 ans, alors que même en injectant des milliers de milliards de Dollar depuis 5 ans, le PIB mondial redécolle à peine.

Le coup d'accélérateur de 15H30/16H provient de ce que les opérateurs anticipaient depuis vendredi soir -et ce matin encore- une hausse initiale symbolique à Wall Street, de l'ordre de +0,2%, en l'absence de toute nouvelle -bonne ou mauvaise- susceptible de fournir un relai à la hausse.

Mais à la surprise générale, une véritable envolée de +1,2% (plus de 6 fois supérieure aux anticipations) a propulsé le 'S&P' et le Nasdaq vers de nouveaux records annuels ou historiques (1.860 et 4.310Pts respectivement).
A mi-séance, les indices US ne lâchent quasiment rien et les scores restent voisins de +1% (+1,1% sur le Dow Transport et +1,2% sur le Russel-2000).

Faute d'actualité pour justifier ce rallye, il faut se tourner vers 'la mécanique implacable des flux': en effet, c'est la première séance du terme de mars sur les marchés dérivés... et une prédominance des positions 'short' après une série de hausses historiques (3 semaines d'ascension non-stop, sans aucune consolidation intermédiaire) a pu inciter quelques 'mains fortes' à laminer les vendeurs et leur faire rendre gorge en orchestrant un mouvement de cours aussi brutal qu'imprévu (et encore plus difficile à justifier dans de telles proportions).

Ce jeu de poker menteur dure en fait depuis 18 mois (les mauvaises nouvelles font grimper les cours -et pas l'inverse-, les vendeurs se transforment malgré eux en acheteurs) et confère à la hausse linéaire des indice (notamment US) un aspect qui ne se compare qu'au gonflement de bulles historiques comme lors du 1er semestre 2007 ou de janvier à juillet 1998.
Les mécanismes de fixation de la valeur des actions semblent totalement déconnectés de la réalité: les profits stagnent, les cours explosent... et les 14 hausses sur 15 séances du FT-100 (un record historique !) devraient davantage inquiéter que ravir les plus optimistes.

'La période de publication des résultats d'entreprises est presque terminée aux Etats-Unis, et en Europe, cela se poursuit cette semaine ; le bilan est pour le moment plus favorable pour les entreprises US que pour les entreprises européennes', souligne pour sa part Vincent Ganne, analyste DailyFX pour FXCM.

Barclays Bourse surveillera le discours de la nouvelle présidente de la Fed jeudi devant la Commission bancaire du Sénat. Malgré la confiance affichée par la banque centrale américaine concernant la poursuite de l'amélioration de la conjoncture économique, les gérants ne croient pas que la Fed puisse augmenter ses taux directeurs rapidement.

Selon eux, il est probable que la Fed modifie ses critères d'analyse afin de décaler dans le temps les anticipations de hausse des taux directeurs.

Sur le Vieux Continent, les investisseurs accueillent favorablement un climat des affaires en Allemagne qui progresse pour le quatrième mois de suite en février, d'après l'indice Ifo qui ressort à 111,3 contre 110,6 le mois précédent, alors que les économistes attendaient plutôt une stabilisation.

En outre, le taux d'inflation annuel de la zone euro a été de 0,8% en janvier 2014, stable par rapport à décembre 2013, selon Eurostat qui révise donc son estimation rapide du 31 janvier, qui était de 0,7%. Cela demeure cependant un taux anormalement bas et les optimiste espèrent que la BCE va finir par en tenir compte et se mettre à 'injecter' comme la FED ou la BoJ.

Sur le front des valeurs, Maurel & Prom bondit de 2%, après s'être vu octroyer un nouveau permis dans le secteur pétrolier au Gabon.

Air France-KLM s'adjuge 2,2%, alors que les analystes d'Oddo sont passés à l'achat sur la valeur, avec un nouvel objectif de cours, pariant sur une revalorisation de l'action.

Saint-Gobain avance de 2,1%, à la suite d'un relèvement d'objectif de cours d'UBS, de 40 à 43 euros.

Mais le véritable moteur de la hausse, ce fut le secteur des 'télécom' avec Orange à +1,9%, Bouygues à +3% et Vivendi (+2%) qui confirme avoir été approché par Altice, le holding qui contrôle Numericable, en vue d'un rapprochement entre SFR et Numericable, mais qu'il n'a reçu aucune offre formelle à cette date.

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