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Paris: l'aversion au risque ressurgit, la BoJ a frappé fort.

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(CercleFinance.com) - Wall Street ne se laisse pas entraîner dans la spirale baissière des places européennes: les indices US reculent deux fois moins que le CAC40 (-1,7% à 3.663Pts) ou le DAX30 (-2%) à la mi-séance avec un 'Dow' (-0,75%) qui s

(CercleFinance.com) - Wall Street ne se laisse pas entraîner dans la spirale baissière des places européennes: les indices US reculent deux fois moins que le CAC40 (-1,7% à 3.663Pts) ou le DAX30 (-2%) à la mi-séance avec un 'Dow' (-0,75%) qui s'accroche aux 14.500Pts et un 'S&P' qui ne cède pas plus de 0,9%.

La bourse de Paris a dailleurs un peu réduit ses pertes au cours de la dernière heure (après une chute de -2,25/-2,3% jusque vers 3.640Pts) mais il n'y aura pas de sauvetage du seuil des 3.700Pts ni des 3.675Pts (MM100).

Cette correction confirme un brusque changement d'ambiance sur les marchés et les volumes s'étoffent à la baisse (largement au-delà de 3,3MdsE ce soir).
Le bilan hebdomadaire ressort maintenant négatif de -1,85% et le gain annuel est réduit presque à néant (+0,6% ce vendredi en clôture).

L'Euro-Stoxx50 connait le même type de 'sell-off' avec une perte de -1,4% à 2.585, et le DAX-30 est le plus sévèrement touché avec -2,02%.

La tendance était déjà très lourde depuis 11H45 (cassure du plancher des 3.710Pts) mais les chiffres de l'emploi US ont littéralement assommé ceux qui espéraient encore voir les indices redresser la barre en fin de journée.
A Wall Street, la sous-performance se confirme sur le Nasdaq (-1,15% à 3.185Pts avec à la clé un gros 'gap' à la baisse sous 3.220Pts).

Mais que s'est-il passé en mars sur le marché du travail aux Etats Unis ?
Le mois de février (28 jours) avait permis la création de 268.000 jobs (révisé de +236.000) et le mois de mars qui comptait 31 jours n'aurait permis d'en créer que +88.000.
Et que dire du taux de chômage qui recule de 7,7 vers 7,6% (le plus faible depuis décembre 2008) alors que le taux de la population active disposant d'un emploi (63,3) est le plus faible jamais observé depuis 34 ans (depuis mai 1979).

Il y a moins de chômeurs mais davantage de personnes sans emploi... la statistique officielle américaine n'est pas à un paradoxe près !

Il y avait un autre chiffre aux Etats Unis ce vendredi: il s'agit de la balance commerciale US en février dont le déficit s'est contracté en-deçà des 45Mds$ anticipés (-43Mds$) grâce à une baisse de 12,8% des importations de pétrole.

Cette baisse est interprétée par les optimistes comme le signe que les USA exportent davantage grâce à un Dollar plus compétitifs, ce qui est bon pour la croissance, les pessimistes redoutent qu'il s'agisse d'un signe de ralentissement des échanges et d'une faiblesse de la conjoncture(sinon pourquoi les USA importeraient-ils moins d'énergie ?).

Cette journée restera également marquée par un net redressement de l'Euro (+0,75% à 1,3035$ après +1,5% la veille, soit +2,25% en moins de 48H).
D'ordinaire, le renforcement de l'Euro traduit la confiance des marchés (appétit pour le risque) mais ce n'est certainement pas le cas aujourd'hui: c'est bien le Dollar qui s'affaiblit suite à une succession de statistiques médiocres.

Les cambistes se montrent donc pessimistes sur la conjoncture US mais les gérants ne se laissent pas impressionner et continuent de s'accrocher à la conviction que la croissance s'avèrera supérieure à 3% au 1er trimestre 2013: une profession de foi à laquelle les marchés obligataires n'adhèrent pas non plus comme le prouvent des rendements planchers de 1,735% en France, 1,21% en Allemagne et 1,6930% sur les T-Bonds.

Au Japon, les emprunts à '30 ans' ont inscrit un plancher historique de 1,22% après l'annonce de la BoJ jeudi (elle va imprimer 1.200Mds$ en 24 mois) qui constitue d'un point de vue technique un grand saut dans l'inconnu en matière de politique monétaire: symétriquement, les indices nippons ont matérialisé un véritable 'krach' à la hausse avec jusqu'à +10% en 72H sur le Nikkei et le Topix... qui ont un peu réduit leur gain en fin de séance ce vendredi (bilan hebdo: +4%).
La BoJ a frappé fort... mais qui se coup va-t'il assommer ? La déflation, la récession, où les concurrents directs du Japon (Chine, Europe, USA).

Sur le front des valeurs, Air France-KLM (-7,8%) et ADP (-3,8%) prennent le chemin de la baisse, les opérateurs invoquant la contagion du repli de compagnies aériennes chinoises, durement affectées par les craintes d'une épidémie de grippe aviaire.

LVMH (-3,35% à 130 euros) et PPR (-4,2% à 155E) terminaient également en net repli, des commentaires prudents de Nomura venant s'ajouter à la menace d'une résurgence de la grippe aviaire en Asie, un marché essentiel pour les deux groupes.
Le titre Havas qui annonce une implantation en Chine chute de -4,6%, Plastic Omnium a dévissé de -7,7%.

Groupe Eurotunnel lâche 1,7% à six euros, après que la décision de l'anti-trust britannique sur le rachat des actifs de l'ex SeaFrance a été repoussée, laissant planer l'incertitude sur ce dossier.

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