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Mardi noir pour la Bourse de Paris, plombée par la Grèce

La Bourse de Paris a souffert ce mardi 9 décembre

La Bourse de Paris a souffert ce mardi 9 décembre - Eric Piermont - AFP

La Bourse de Paris a dégringolé, chutant de plus de 2% à l'issue de la séance, ce mardi 9 décembre. L'indice parisien a été pénalisé par les incertitudes entourant la situation politique grecque.

Mardi noir à la Bourse de Paris. Ce 9 décembre, le CAC40, indice phare de la place parisienne a dégringolé de 2,55% à 4.263 points, après avoir déjà lâché 1% la veille.

Aucune place européenne n'est épargnée: à la clôture de Paris, Londres a perdu 2,14%, Francfort 2,21%, Milan 2,81% et Madrid 3%.

"Le principal catalyseur à la baisse est la Grèce, et notamment le calendrier des élections", souligne Tangi Le Liboux, analyste chez Aurel BGC.

"Les marchés ont été pris par surprise par la situation en Grèce" confirme Xavier de Villepion, vendeur d'actions chez HPC, cité par l'AFP.

La peur d'un bras de fer entre Athènes et Bruxelles 

Le pays est désormais entré dans une nouvelle phase d'incertitude politique, avec l'annonce-surprise lundi d'un vote anticipé du Parlement dès la semaine prochaine pour l'élection présidentielle. Le résultat incertain de ce vote "fait peur au marché", note Tangi Le Liboux.

Le candidat pro-européen, Stavros Dimas, a peu de chances de rassembler les 180 voix requises pour être élu par le Parlement actuel, ce qui risquerait alors d'entraîner des élections générales anticipées.

Les investisseurs redoutent notamment que le parti Syriza (gauche radicale) arrive ensuite au pouvoir et enclenche un bras de fer avec la Commission européenne, en refusant de mettre en œuvre les mesures d'austérité.

Ces craintes se sont plus particulièrement reflétées au niveau de la Bourse d'Athènes qui a lourdement chuté ce même mardi, clôturant sur une baisse de 12,78%. Une telle correction n'avait plus été observée en Grèce depuis 1987.

Des inquiétudes sur la croissance et la politique monétaire

Pour le reste, "la baisse s'explique essentiellement par la hausse des inquiétudes à propos de la croissance mondiale et par l'incertitude qui subsiste au sujet de l'évolution de la politique monétaire des deux côtés de l'Atlantique", analyse Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque.

S'ajoutent à cela, le recul ce matin du marché chinois "sur des supputations de baisse des anticipations de croissance pour 2015" et "une nouvelle déception économique allemande avec la plus forte chute des importations depuis près de 2 ans", relève John Plassard, chez Mirabaud Securities.

Les investisseurs se sont également interrogés sur le comportement des banques centrales, alors que le Wall Street Journal a mis le feu aux poudres en croyant savoir que la Fed modifiera son discours la semaine prochaine concernant le taux d'intérêt.

Julien Marion avec AFP