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Les pilules de 3e génération déremboursées 6 mois plus tôt que prévu

Les pilules de 3e génération ne seront plus remboursées à partir du 31 mars prochain

Les pilules de 3e génération ne seront plus remboursées à partir du 31 mars prochain - -

Les pilules contraceptives de 3e génération ne seront plus remboursées à partir du 31 mars prochain, six mois avant la date prévue à l’origine, a annoncé mercredi la ministre de la Santé Marisol Touraine. « Une interdiction aurait dû avoir lieu il y a deux ans », estiment certains.

Les pilules de troisième génération qui augmentent les risques de thrombose et d'accident vasculaire cérébral notamment ne seront plus remboursées dès le 31 mars prochain soit 6 mois avant la date butoir prévue à l’origine en septembre 2013. Par ailleurs, le ministère demande à l' Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) « que la pilule de 2e génération soit systématiquement privilégiée, sauf situations particulières », et que « les pilules de 3e et 4e génération ne soient plus proposées en premier choix » aux patientes. Le débat a été relancé par le dépôt à la mi-décembre de la première plainte en France d'une jeune femme victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC), qu'elle impute à la prise d'une pilule de 3e génération. Cette plainte devrait être suivie en janvier d'une trentaine d'autres, selon ses avocats. En France, près de 2,5 millions de femmes, soit une femme sur deux sous pilule contraceptive, prennent une pilule de troisième génération. Et certains médecins voudraient aller plus loin que le déremboursement. Ils prônent l’interdiction totale de la pilule de 3e génération.

« C’est une histoire de gros sous »

« L’interdiction des pilules de 3e génération aurait dû être fait depuis deux ans car on connaît précisément les chiffres, estime Philippe Even pneumologue, professeur de médecine et président de l'Institut Necker. Il y a une enquête qui porte sur 8 millions de femmes qui montre que ces pilules de 3e et 4e génération entrainaient de 3 à 4 fois plus de phlébites et d’embolies pulmonaires que celle de 2e génération. C’est juste une histoire de gros sous. Ces pilules sont vendues plus cher sans être plus efficace ».

« Il y a des risques pour tout ce que l’on fait »

En revanche, d’autres voix s’élèvent contre une interdiction totale de la pilule der 3e génération. Pour eux, le risque existe, il est connu et donc l’interdiction n’est pas vraiment justifiée. « Je suis contre cette interdiction, assure Marc-Alain Rozan président honoraire du SYNGOF, le Syndicat national des Gynécologues et obstétriciens de France. On le sait depuis le début qu’il y a ces accidents. Et au nom de la sécurité on arrive à ne plus faire quoi que ce soit. Alors que fait-on ? On prend d’autre moyen de contraception ? Un stérilet peut donner une infection, ça peut donner une stérilité aussi. J’ai beaucoup de patientes qui ne prennent plus la pilule qui font des IVG. C’est dangereux on peut faire des infections et ne plus avoir d’enfants. Certaines de mes patientes en sont à leur troisième IVG en un an. Il y a des risques pour tout ce que l’on fait ».

Tugdual de Dieuleveult