BFM Patrimoine

Légère amélioration dans la zone euro

Depuis 2013, la croissance cyclique fait son œuvre et la zone euro devrait connaître une croissance de 1% en 2014 et 1,6% en 2015.

Depuis 2013, la croissance cyclique fait son œuvre et la zone euro devrait connaître une croissance de 1% en 2014 et 1,6% en 2015. - -

L'Irlande vient d'emprunter 3,75 milliards d'euros, les taux d'intérêt baissent, et la Grèce s'attend à une croissance positive en 2014. Si la situation s'améliore, la zone euro n'est pas encore sortie d’affaire.

L’Irlande a emprunté mardi 3,75 milliards d’euros au taux de 3,54%. Elle est sortie de la tutelle de la "troïka" (BCE, Commission européenne et FMI) en décembre. Les taux d’intérêt baissent en Espagne et en Italie et viennent de descendre en dessous de 4%. La croissance de l’économique grecque sera positive en 2014.

L'Irlande a emprunté 3,75 milliards hier. Cela s'est plutôt bien passé.

Oui. Si l’Irlande avait voulu, elle aurait pu emprunter 14 milliards, c'est-à-dire quatre fois son besoin. Le taux obtenu est de 3,54%. C’est un taux supérieur à celui des Etats-Unis (3%) et bien sûr de l’Allemagne (2%) mais c’est désormais un taux raisonnable. L’endettement public, qui avait été multiplié par quatre entre 2006 et 2012, est stabilisé. Et la croissance sera de 2% l’année prochaine dans ce pays, ce qui va faire baisser le taux de chômage, qui est de l’ordre de 14%. On peut dire que le ciel irlandais s’éclaircit.

C'est l'hirondelle qui annonce un printemps européen ?

Incontestablement, tous les indicateurs sont en cours d’amélioration pour la zone euro.
Depuis qu’en 2012, le président de la BCE, Mario Draghi, a affirmé qu’il ferait tout pour éviter l’éclatement de la zone euro, rares sont désormais ceux qui anticipent une explosion de la zone.
Depuis la signature du Traité dit TSCG, qui a été voté en France à l’automne 2012, on peut considérer que les gens qui prêtent aux Etats de la zone euro sont à peu près sûrs de retrouver leurs billes.
Depuis 2013, la croissance cyclique fait son œuvre et la zone euro devrait connaître une croissance de 1% en 2014 et 1,6% en 2015.

La zone euro est-elle sortie d'affaire ?

Oui et non. Son existence n’est plus menacée à court terme, mais de sérieux problèmes subsistent.
Dans les pays d’Europe du sud, le chômage est toujours à des niveaux record. 25% en Espagne ou en Grèce. Si on peut considérer que les gouvernements ont compris qu’il était impossible de continuer à s’endetter, nous sommes encore loin de l’équilibre budgétaire.
Le déficit public de la zone euro a été juste de 3% en 2013 et la dette publique représente désormais dans la zone 91% du PIB, quand l’objectif des traités est de 60%.
La faiblesse de la zone reste l’absence de volonté commune, la méfiance entre les partenaires. On l’a vu avec l’entrée récente de la Lettonie. La population était plutôt convaincue du bienfondé de l’opération, mais elle considérait que les pays d’Europe du sud ont tendance à tirer sur la corde.
En revanche, les Grecs sont persuadés que les Allemands se sont comportés en égoïstes, de façon d’autant plus scandaleuse qu’ils n’auraient pas soldé les conséquences financières de la deuxième guerre mondiale.
L’Europe avance par crises. Mais dans le cas de la zone euro, on voit la crise mais on ne voit pas vers où on avance…

Jean-Marc Daniel