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Le taux de rendement de la dette américaine à 10 ans dépasse les 3% 

Le taux de rendement de la dette américaine à 10 ans a dépassé le seuil symbolique des 3%.

Le taux de rendement de la dette américaine à 10 ans a dépassé le seuil symbolique des 3%. - AFP-Bryan R. Smith

Pour la première fois depuis janvier 2014, le rendement de l'emprunt américain à 10 ans a dépassé les 3%. Une situation qui pourrait créer des remous sur les marchés.

Porté par la perspective d'une banque centrale américaine plus active face à la montée de l'inflation, le taux de la dette des États-Unis à 10 ans a dépassé mardi le seuil symbolique des 3%, pour la première fois depuis début 2014. Ce chiffre est important car il influence les taux de crédit accordés aux entreprises, aux particuliers et aux municipalités.

Sa progression signifie que les États-Unis doivent proposer un retour sur investissement plus élevé qu'auparavant pour emprunter de l'argent sur les marchés, notamment pour s'ajuster à une inflation plus élevée. Le taux de la dette américaine à 10 ans a grimpé ces dernières semaines au fur et à mesure que les acteurs du marché se préparaient à une hausse des prix aux États-Unis à la faveur d'indicateurs solides sur l'économie américaine et de bons résultats d'entreprises au premier trimestre.

Sa hausse s'est récemment accélérée dans le sillage de la montée des cours des matières premières, le pétrole grimpant par exemple à son plus haut niveau depuis fin 2014. La Réserve fédérale (Fed), dont un des objectifs est d'empêcher une inflation galopante, pourrait en conséquence vouloir remonter plus rapidement que prévu ses taux directeurs cette année. Cette perspective fait, par ricochet, grimper l'ensemble des taux d'intérêt.

Des analystes partagés

Le passage du cap des 3% peut-il déclencher des remous sur les marchés? Les analystes divergent à cet égard. Certains craignent qu'une remontée trop rapide du taux de la dette à 10 ans ne freine la reprise économique et les profits des compagnies. D'autres redoutent, de leur côté, que les investisseurs se détournent du marché des actions pour placer leur argent dans les obligations, bien moins risquées et aux rendements désormais un peu plus élevés. 

Mais pour les experts de Mirabaud Securities Genève, "les taux montent pour de bonnes raisons". "L'économie est dynamique, en accélération aux États-Unis et en zone euro. Par ailleurs, les banques centrales vont mettre fin à leurs politiques monétaires très accommodantes et les marchés obligataires vont donc progressivement retrouver un fonctionnement plus naturel", expliquent-ils. À la Bourse de New York, les principaux indices ont rapidement regagné le terrain perdu juste après le passage du seuil des 3%.

S.B. avec AFP