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Le Smic est soit trop faible, soit trop élevé

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La revalorisation du SMIC le 1er janvier sera de 1,1%, soit l’inflation de 2013. Pas de "coup de pouce". Les syndicats protestent: la France manque de consommation. En fait, le SMIC est trop faible pour ceux qui le perçoivent et trop élevé pour ceux qui le paient.

Service minimum du gouvernement pour le salaire minimum…Qu’est-ce que cela signifie ? Le gouvernement est pris entre deux considérations. Le SMIC est bas pour ceux qui le reçoivent et il ne garantit pas vraiment un niveau de vie correct. Beaucoup de « smicards » ont du mal à boucler les fins de mois. Et ce n’est pas un phénomène marginal car 13% des salariés sont au SMIC (cela représente un peu plus de 3 millions de salariés). Les syndicats soutiennent d’ailleurs que revaloriser le SMIC augmenterait la consommation et donc assurerait un surcroît de croissance. D’un autre côté, pour les entreprises, le SMIC représente un coût élevé et les analyses des experts de l’OCDE sur les raisons pour lesquelles le niveau du chômage est plus élevé en France qu’au Royaume-Uni ou en Allemagne mettent en avant entre autres le niveau du SMIC.

Qui a tort qui a raison ?

L’idée que l’augmentation du SMIC relancerait la croissance en relançant la consommation est une fausse bonne idée. Si c’était le cas, on ne voit pas en effet, sauf par sadisme, pourquoi on ne le ferait pas. Dans les circonstances actuelles, augmenter la consommation signifierait augmenter les importations et le déficit extérieur. Mais l’idée que le SMIC est trop élevé est aussi une idée rapide et assez souvent fausse. En effet un salaire ne s’apprécie comme coût que par comparaison à l’efficacité du salarié. Un des problèmes de la France est moins le niveau des salaires que la productivité du travail. Le travail est bridé par des contraintes multiples comme le code du travail ou les 35 heures et le SMIC ne peut s’évaluer que dans ce contexte.

Quelles réformes alors ?

Il faut à mon sens augmenter de fait le pouvoir d’achat des plus pauvres car leur situation est critique. Le bon outil serait la "prime pour l’emploi », ce revenu versé aux salariés les moins rémunérés par l’Etat de façon à éviter une augmentation du coût du travail. Il faut ensuite augmenter l’efficacité du travail en France en investissant. La situation des entreprises ne se rétablira pas dans un abaissement des salariés mais dans une efficacité accrue du système productif. Rappelons qu’à la surface de la planète, 90% des salariés gagnent moins que le SMIC. Pour supporter le choc de leur concurrence, il faut être plus efficace qu’eux.

La rédaction