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La Fed se donne tout le temps d’être patiente

La Fed préfère temporiser

La Fed préfère temporiser - Karen Bleier - AFP

La Réserve fédérale américaine a choisi, mercredi 28 janvier, de temporiser et de ne pas aller plus loin dans la normalisation de sa politique monétaire. L'environnement ne se prête pas encore à un relèvement de ses taux directeurs.

Patience, encore de la patience, toujours de la patience. La Réserve Fédérale Américaine (Fed) répète qu'elle peut attendre encore avant de remonter ses taux et normaliser sa politique monétaire.

Et il est clair que ce n'est pas du coté américain que se situe le problème. Car là le constat est vraiment sans tâche, ou quasiment: rythme soutenu de la croissance de l'économie, forte augmentation de l'emploi et baisse du chômage, une inflation encore insuffisante mais qui devrait s'améliorer, et la fin progressive de la baisse des cours du brut (à noter qu’après l’Arabie Saoudite, la Fed elle aussi tente de fixer des niveaux d’équilibre face à la chute des cours pétroliers).

Mais en réponse à cela, toujours de la patience... il n’est pas encore temps de relever les taux d’intérêt américains ce qui reste, au regard de la situation macroéconomique actuelle, la décision la plus importante du monde.

Un an de plus ?

Pourquoi? Parce que sur le terrain international, la situation se tend. Le différentiel de taux commence a être complexe à gérer entre une Amérique qui va de mieux en mieux, et une Europe toujours dans une situation tendue, la hausse des taux sur la zone périphérique avec la Grèce, la mise en place du Quantitative Easing de la BCE, la panne de croissance et d'inflation qui se prolonge.

Et corollaire de tout cela, le dollar fort évidemment ! La Fed constate bien que ça commence à poser problème, notamment pour les grandes entreprises américaines dans tout un tas de secteurs, et que tout cela va devenir le problème numéro un de cette année.

Beaucoup d'économistes d’ailleurs repoussent dans leurs scenarii un éventuel relèvement des taux américains, même minime, qui devrait prendre ainsi un an de plus quasiment, par rapport à ce qu’anticipe la Fed elle-même. Morgan Stanley parie maintenant sur mars 2016.

Antoine Larigauderie