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L'OCDE réduit ses prévisions de croissance pour la zone euro et appelle la BCE à agir

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PARIS (Dow Jones)--L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s'est montrée mercredi plus optimiste pour les perspectives des Etats-Unis que pour celles de la zone euro, où la crise devrait se poursuivre et où la Banqu

PARIS (Dow Jones)--L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s'est montrée mercredi plus optimiste pour les perspectives des Etats-Unis que pour celles de la zone euro, où la crise devrait se poursuivre et où la Banque centrale européenne (BCE) pourrait devoir adopter de nouvelles mesures.

"Même si ses performances restent décevantes, l'économie mondiale progresse, à des rythmes toutefois divers", a déclaré le secrétaire général adjoint de l'OCDE, Pier Carlo Padoan, dans l'introduction des Perspectives économiques publiées ce jour.

Une zone euro toujours en difficulté

L'OCDE a abaissé ses prévisions pour la zone euro, expliquant que l'activité continuait de reculer, "signe des efforts d'assainissement budgétaire en cours, d'une confiance en berne et de conditions de crédit restrictives, en particulier dans les pays de la périphérie".

Pour 2013, l'organisation anticipe une contraction de 0,6% du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro et un retour à la croissance (+1,1%) en 2014, alors qu'elle anticipait, dans ses précédentes prévisions publiées en novembre, une contraction de seulement 0,1% en 2013 et une croissance de 1,3% l'an prochain.

"Les efforts d'assainissement du déficit public structurel doivent se poursuivre comme prévu étant donné l'ampleur persistante de la dette, mais il faudrait laisser jouer pleinement les stabilisateurs automatiques", a préconisé l'OCDE, qui a également appelé à une poursuite des réformes structurelles des marchés du travail et des produits, dont l'achèvement du marché intérieur pour soutenir croissance et emploi.

En Allemagne, la croissance devrait être ralentie par "l'atonie de l'activité de la zone euro", même si le redressement du commerce mondial devait soutenir les exportations. Pour 2013, l'OCDE a abaissé sa prévision de croissance à 0,4%, contre 0,6%, et confirmé sa prévision à 1,9% pour 2014.

Pour les pays périphériques de la zone euro - Espagne, Grèce, Italie et Portugal - l'organisation a dit attendre une poursuite de la contraction économique tout au long de l'année 2013 en raison de l'impact des efforts d'assainissement, avec une reprise lente en 2014.

L'OCDE a ajouté que la Grèce pourrait avoir besoin "de nouveaux financements dans le cadre du programme mis en place" par l'Union européenne et le Fonds monétaire international si la croissance est plus faible que prévu.

La BCE doit en faire plus

L'OCDE a par ailleurs exhorté la BCE à "accompagner la récente réduction de son taux des opérations principales de refinancement en abaissant son taux de la facilité de dépôt en dessous de zéro", une option évoquée par le président de la BCE au début du mois. Lors de la dernière conférence de presse suivant la décision de politique monétaire de la banque centrale, Mario Draghi avait déclaré que l'institution était plus que jamais ouverte à la possibilité de prendre une mesure radicale en faisant glisser le taux de rémunération des dépôts en-dessous de 0%.

Mario Draghi avait répété que la banque était "techniquement prête" à franchir ce pas, mais certains membres de l'institution de Francfort ont depuis lors affiché leur prudence, citant l'expérience du Danemark, où les banques avaient augmenté le coût des prêts accordés aux entreprises pour couvrir leurs pertes sur les fonds placés auprès de la banque centrale danoise.

"De nouvelles mesures non conventionnelles pourraient être nécessaires pour améliorer la transmission de la politique monétaire. En particulier, de nouveaux achats d'actifs pourraient être envisagés", a également proposé l'OCDE mercredi.

Une croissance soutenue aux USA

L'économie américaine devrait afficher une croissance "plus forte" que la zone euro, même si la véritable accélération n'aura lieu que l'an prochain "à mesure que le marché du travail retrouvera son dynamisme". L'OCDE a légèrement abaissé sa prévision pour 2013 (+1,9% contre +2%) et confirmé attendre une progression de 2,8% de l'activité l'an prochain.

L'organisation a appelé les Etats-Unis à "choisir plus judicieusement les réductions de dépenses" plutôt que de pratiquer des coupes budgétaires "générales et automatiques" et à "s'engager à appliquer un plan de redressement à moyen terme pour rétablir la viabilité des finances publiques".

Au sujet de la Réserve fédérale (Fed), l'OCDE a estimé que la politique monétaire pouvait rester accommodante "pendant une période prolongée" mais qu'au fur et à mesure de l'amélioration des perspectives économiques, "il sera sans doute de moins en moins avantageux de poursuivre la politique d'assouplissement quantitatif". Il faudrait donc que la Fed précise "clairement à l'avance comment il sera mis fin" aux programmes de rachat d'actifs, a conclu l'OCDE.

La semaine dernière, les minutes de la dernière réunion du comité de politique monétaire de la Fed ont montré que plusieurs responsables étaient prêts à réduire le rythme des rachats d'obligations dès la prochaine réunion, en juin, si l'économie affiche une croissance robuste d'ici là, suscitant de vives inquiétudes sur les marchés.

-Marion Issard, Dow Jones Newswires; +33 (0)1 40 17 17 75; marion.issard@dowjones.com

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May 29, 2013 05:01 ET (09:01 GMT)

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