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L'INSEE réduit sa prévision de croissance pour la France en 2012 à 0,2%

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PARIS (Dow Jones)--La France devrait connaître une croissance nulle aux troisième et quatrième trimestre, a prévenu jeudi l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) en annonçant avoir réduit sa prévision de crois

PARIS (Dow Jones)--La France devrait connaître une croissance nulle aux troisième et quatrième trimestre, a prévenu jeudi l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) en annonçant avoir réduit sa prévision de croissance pour 2012 à 0,2%, ainsi que l'entrée en récession de la zone euro.

"La croissance de l'économie française sera de 0% au troisième trimestre et de 0% au quatrième trimestre", a déclaré Cédric Audenis, chef du département de la Conjoncture à l'Insee, évoquant une "économie à l'arrêt".

Sur l'ensemble de l'année 2012, la croissance devrait s'établir à 0,2%, après 1,7% en 2011, indique le "point de conjoncture" de l'Insee publié jeudi. En juin, l'Insee tablait encore sur une croissance du PIB à 0,4%. Le taux de chômage a été révisé à la hausse et devrait atteindre 10,6% au quatrième trimestre (10,2% en France métropolitaine), alors qu'il était attendu à 10,3% en juin.

Interrogé sur l'hypothèse de croissance de 0,8% retenue dans le projet de Budget 2013, le chef de la conjoncture de l'Insee a expliqué que cela impliquait d'obtenir un taux de croissance de 0,3% sur chacun des trimestres de l'année 2013, alors que l'acquis de croissance pour 2013 est inexistant.

La consommation des ménages ne devrait pas progresser d'ici à la fin de l'année, mais le "repli du taux d'épargne des ménages [lui] permettrait toutefois de résister", indique l'Insee. Ce taux d'épargne devrait s'établir à 15,8% en 2012, contre 16,2% en 2011.

Sur l'ensemble de l'année 2012, l'Insee prévoit un repli du pouvoir d'achat des ménages (-0,5%), du fait d'une inflation restant à un niveau élevé - prévue à 1,9% en décembre - essentiellement à cause de la hausse des cours du pétrole depuis cet été. Les mesures fiscales et bugdétaires, votées pour 2012 en loi de finances initiale et rectificative, induisent également "des hausses de prélèvements de l'ordre de un point du revenu des ménages sur l'année".

Un "recul de l'investissement" est attendu d'ici à la fin de l'année, principalement en raison de la faiblesse des débouchés. "Le climat des affaires est morose dans l'industrie et les services. En septembre, ils sont restés à un niveau bas qui est proche de celui de juin", a précisé Jean-François Ouvrard, chef de la division Synthèse conjoncturelle. Pour l'ensemble des secteurs, l'indice du climat des affaires s'établit à 90, largement inférieur à 100, sa moyenne de long terme.

"Les exportations françaises sont également pénalisées par la faiblesse de la demande en zone euro" et par l'appréciation de la monnaie européenne, a déclaré Jean-François Ouvrard.

"La zone euro est en récession", a expliqué Dorian Roucher, responsable de la synthèse "environnement international de la zone euro". La zone monétaire devrait à nouveau enregistrer une croissance négative (-0,2%) au troisième trimestre, après une contraction de 0,2% au deuxième trimestre. L'institut prévoit un repli du PIB de la zone euro de 0,1% au quatrième trimestre. L'activité économique se dégrade, "y compris en Allemagne".

La demande intérieure est durablement affectée en Italie et en Espagne, deux pays qui devraient rester en récession l'année prochaine. "Les mesures de maîtrise des déficits publics, le regain d'inflation et la dégradation du marché du travail" devraient peser "fortement sur le pouvoir d'achat des ménages européens", peut-on lire dans la note de l'Insee.

"Les dépenses d'investissement devraient se contracter fortement dans la zone euro", du fait de la faiblesse des débouchés, de l'incertitude des décisions concernant la crise financière et les modalités de financement des entreprises et des Etats.

La demande extérieure à la zone euro est également atone, du fait de la faible croissance des économies avancées, alors que les exportations souffrent de l'appréciation de l'euro qui affaiblit la compétitivité-prix des produits européens.

L'Insee prévoit également "un coup de frein sur le commerce mondial au second semestre" du fait du ralentissement de l'activité économique des pays émergents ces derniers mois. Les échanges commerciaux mondiaux ont "marqués le pas" au deuxième trimestre (+ 0,3%, contre +0,8% au premier trimestre) et devraient encore reculer au troisième, avant de se stabiliser au dernier trimestre.

Les économies émergentes pourraient toutefois se redresser plus rapidement que prévu, estime l'Insee, si les mesures d'assouplissement monétaires prises ces derniers mois permettent de relancer la demande intérieure de pays comme la Chine ou le Brésil.

-Marc Daniel, Dow Jones Newswires; marc.daniel@dowjones.com

(END) Dow Jones Newswires

October 04, 2012 16:00 ET (20:00 GMT)

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