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Insee: L'économie française devrait rester "à l'arrêt" dans une Europe en stabilisation

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PARIS (Dow Jones)--L'économie française reste à l'arrêt et ne devrait croître que très légèrement au premier semestre 2013, même si la reprise des exportations pourrait permettre de compenser la faiblesse de la demande intérieure, a indiqu

PARIS (Dow Jones)--L'économie française reste à l'arrêt et ne devrait croître que très légèrement au premier semestre 2013, même si la reprise des exportations pourrait permettre de compenser la faiblesse de la demande intérieure, a indiqué jeudi l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) dans une note de conjoncture intitulée "Eclaircie mondiale, l'Europe encore dans l'ombre".

"On attend une croissance quasi nulle au premier semestre pour la France", a expliqué Cédric Audenis, chef du département de la conjoncture de l'Insee, au cours d'une conférence de presse.

L'activité économique devrait être stable (0%) au premier trimestre, avant de croître de seulement 01% au deuxième. L'Insee, qui prévoyait une hausse de 0,1% du PIB fin décembre, a revu à la baisse sa prévision pour le premier trimestre, mais a maintenu celle du deuxième.

La demande intérieure devrait rester atone d'ici le mois de juin. La consommation des ménages resterait stable (0,0% puis +0,1%), mais l'investissement des entreprises devrait continuer à baisser (-0,5% par trimestre), notamment dans le secteur du bâtiment. D'autant plus que "le taux d'utilisation des capacités reste faible", a précisé Jean-François Ouvrard, chef de la division synthèse conjoncturelle de l'Insee.

Conséquence de cette faiblesse continue de l'activité, le taux de chômage attendrait 11% en juin et 10,6% pour la seule France métropolitaine.

Amélioration de la demande extérieure

Signal positif, "les exportations [françaises] seraient relativement soutenues en raison du redressement de la demande extérieure adressée à la France", a souligné Cédric Audenis. Les exportations augmenteraient de 0,6% puis de 0,7% au premier et deuxième trimestre, après un repli de 0,6% au sur les trois derniers mois de l'année dernière.

"Le climat des affaires s'améliore un peu partout ces derniers mois, y compris en Europe", a expliqué le chef du département de la conjoncture de l'Insee, même "si des nuages pèsent [toujours] sur la croissance mondiale". L'Insee évoque "une stabilisation à l'oeuvre" en Europe, mais ne parle pas encore de retour à la croissance.

Trajectoires divergentes au sein de la zone euro

"Dans la zone euro l'activité cesserait de se contracter et se stabiliserait au premier semestre", mais avec des trajectoires divergentes, a précisé Dorian Roucher, responsable de la synthèse "environnement international de la zone euro" au sein de l'Insee.

Première économie européenne, l'Allemagne retrouverait "un rythme de croissance soutenu sous l'effet d'un redémarrage de l'investissement des entreprises et du rebond des exportations" selon l'Insee, qui prévoit une hausse du PIB de 0,5% au premier trimestre et de 0,4% au deuxième.

Mais l'activité va continuer de se contracter en Italie (de 0,3% par trimestre) et en Espagne (de 0,4% puis de 0,3%), du fait de la consolidation budgétaire en cours. La demande adressée à la France serait donc pénalisée par la faiblesse des pays d'Europe du sud qui comptent parmi ses principaux partenaires commerciaux.

Dynamisme des Etats-Unis et du Japon

Dans les économies avancées, l'activité s'est contractée (-0,2%) pour la première fois depuis 2009 au quatrième trimestre 2012. Mais "ce tassement ne serait que passager", estime Dorian Roucher qui table sur "un rebond de l'activité particulièrement marqué au Japon et aux Etats-Unis" au premier semestre.

La croissance américaine devrait être de 0,6% au premier trimestre, puis de 0,3% au deuxième, même si les Etats-unis seront confrontés à "un net durcissement de la politique budgétaire" d'ici le mois de juin et à ses effets au second semestre. L'investissement public devrait fortement baisser - du fait de l'entrée en vigueur des accords entre républicains et démocrates pour réduire la dette et des coupes automatiques dans les dépenses - mais "la demande intérieure et l'activité économique américaine résisteraient".

L'Insee parle également d'un "rebond prononcé" pour le Japon au premier trimestre. L'économie japonaise bénéficierait du dynamisme du commerce en Asie, de la très forte dépréciation du yen depuis la fin de l'année dernière et d'une politique budgétaire favorable, mise en oeuvre par le nouveau gouvernement.

Toutefois, même si la reprise du commerce mondial se confirme, la France bénéficie généralement moins de l'accroissement de la demande externe que d'autres pays avancés, "même s'il n'y pas de décrochage de la croissance de nos exports", selon l'Insee.

En dépit d'une reprise de ce moteur externe, c'est malgré tout l'expression "à l'arrêt" qui caractérise le mieux la situation de l'économie française depuis des mois, a estimé Cédric Audenis, reprenant ainsi le titre de la note de conjoncture de l'Insee publiée en décembre.

-Marc Daniel, Dow Jones Newswires; +33 (0)1 40 17 17 60; marc.daniel@dowjones.com

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March 21, 2013 17:00 ET (21:00 GMT)

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