BFM Patrimoine

Grèce: l’incertitude politique fait chuter la Bourse d’Athènes

La Bourse d'Athènes perdait plus de 10%  mardi.

La Bourse d'Athènes perdait plus de 10% mardi. - Aris Messinis - AFP

En annonçant la tenue d’une élection présidentielle anticipée, le gouvernement grec fait planer le doute sur l’avenir des réformes engagées. Conséquence: la Bourse d’Athènes perdait plus de 10%, mardi en début d’après-midi.

L’annonce d’une élection présidentielle anticipée en Grèce a provoqué la stupeur sur les marchés, inquiets d’une possible remise en cause des réformes censées remettre le pays sur pied. Conséquence: l'indice général de la Bourse d'Athènes perdait plus de 10% mardi en début d'après-midi.

Déjà en très forte baisse depuis l'ouverture, après l'annonce faite la veille au soir, l'indice perdait 10,46% à 11h45 GMT à 926,77 points, alors que le Premier ministre grec Antonis Samaras venait de confirmer à la télévision le nom du candidat du gouvernement pour la présidentielle, l'ancien commissaire européen et ministre des Affaires étrangères, Stavros Dimas.

"Un accident en Grèce est toujours un risque potentiel, le risque d'un retour de bâton politique et d'un renversement des réformes est très réel pour l'instant", indiquaient dans une note les analystes de la banque Berenberg.

La gauche radicale en tête des sondages

Le vote des 300 députés pour remplacer l'actuel président Karolos Papoulias aurait dû se dérouler en février. Mais le gouvernement a soudain avancé lundi soir la date du premier tour au 17 décembre, les deuxième et troisième, le cas échéant, étant programmés pour les 22 et 29 décembre.

Aux deux premiers tours, le candidat proposé par le gouvernement doit recueillir 200 votes sur 300 pour devenir président. Au troisième tour, la majorité requise tombe à 180. Mais c'est encore beaucoup pour un gouvernement qui, dimanche encore sur le vote du budget, n'a rassemblé que 155 députés.

Si la désignation par le Parlement échoue, il faudra aller aux législatives anticipées durant l'hiver. Or, le gouvernement Samaras, qui a mis en place sous l'égide de la troïka (BCE, UE et FMI) toutes les réformes souhaitées par ces créanciers en échange de 240 milliards d'euros de prêts, est détesté par une partie du pays pour cela, et le parti de gauche radicale anti-austérité Syriza est en tête des sondages. Syriza a adouci son discours ces dernières semaines, avec notamment une visite de plusieurs responsables aux banquiers de la City de Londres, mais les marchés sont inquiets d'un possible abandon des réformes économiques.

Y.D. avec AFP