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Chypre fait chuter les Bourses européennes

Les marchés européens ont imité leurs homologues asiatiques, en dérapant fortement, ce lundi 18 mars

Les marchés européens ont imité leurs homologues asiatiques, en dérapant fortement, ce lundi 18 mars - -

Les Bourses européennes étaient en très fort recul, ce lundi 18 mars, en raison de la recrudescence des craintes sur la zone euro liée à la situation chypriote. Paris perdait 1,18% et Wall Street a ouvert dans le rouge.

La Grèce l'avait démontré, Chypre le confirme un peu plus. Il suffit qu'un petit pays de la zone euro aille mal pour faire douter l'ensemble de la zone euro. La chute des marchés, ce lundi 18 mars, illustre parfaitement ce constat.

Les Bourses européennes ont ainsi plongé dans le rouge, à l'ouverture. Vers 15h00 la Bourse de Paris perdait 1,00%, celle de Londres 0,67%, Francfort 1,05%. Milan cédait plus de 1,7% et Madrid près de 2,3%.

Wall Street a également ouvert dans le rouge, le Dow Jones perdant 0,38% et le Nasdaq 1,04%.

Ces différents marchés ont suivi la chute des bourses asiatiques. Tokyo, avait ainsi clôturé en très forte chute, à 2,71% et Hong-Kong avait cédé 1,97%.

Signe du regain de tension sur le Vieux Continent, les coûts d'emprunts des pays considérés comme étant les moins solides de la zone euro se tendaient, sur le marché de la dette. Vers 9h10, les taux des obligations à 10 ans de l'Italie étaient en hausse de 0,05% à 4,63%, ceux de l'Espagne 0,05% à 4,95%.

Sur le marché des changes, l'euro reculait nettement face au dollar. Vers 9h10, la monnaie unique s'échangeait à raison de 1,2935 dollar contre 1,3075 dollar vendredi soir.

La menace sur le système bancaire européen

Les investisseurs restent grippés par la situation chypriote: le pays devait présenter, cet après-midi, devant son Parlement le plan d'aide de 10 milliards d'euros noué avec ses partenaires européens. Mais l'examen du texte a été reporté à mardi.

En contrepartie de ce sauvetage, le pays doit se résoudre à introduire une taxe sur les dépôts des épargnants.Ce choix, qui s'explique par un système financier propre au pays, fait craindre une importante fuite des capitaux de l'île qui pourrait ensuite fragiliser l'ensemble des banques européennes. Par conséquent, les parlementaires chypriotes risquent bien de rejeter le plan d'aide international.

Ce lundi, Vladimir Poutine a estimé que cette taxe était "injuste" et "dangereuse",selon son porte-parole. La Russie possède des avoirs colossaux dans le pays méditerranéen, que les experts chiffrent à au moins 20 milliards de dollars. En écho, le Premier ministre russe, Dimitri Medvedev a estimé, deux heures plus tard,que cet impôt s'apparentait à "une confiscation de fonds étrangers".

Les modalités de cette taxe pourraient toutefois être aménagées par le pays pour préserver les dépôts des épargnants les plus modestes.

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Julien Marion