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 Cap sur la parité euro-dollar

Pour les analystes, la parité un euro pour un dollar n’est plus qu’une question de semaines, avec même une montée en puissance du Dollar à venir.

Pour les analystes, la parité un euro pour un dollar n’est plus qu’une question de semaines, avec même une montée en puissance du Dollar à venir. - Philippe Huguen – AFP

L’euro poursuit son mouvement de baisse face au dollar pour revenir sur des plus bas datant de 11 ans, à 1,08. L’hypothèse d’un euro-dollar à nouveau à parité, voire une inversion en faveur de la devise américaine, se précise. Elle n’est plus qu’une question de semaines.

Sur le marché des devises comme sur le marché actions, ce ne sont pas tant les points qui comptent que la tendance. Et la correction entamée par l’euro comparé au dollar depuis un an reste spectaculaire, surtout par sa vitesse.

A la fin de l’année dernière, Deutsche Bank et Goldman Sachs étaient clairs : côté américain on a une économie extrêmement robuste et qui achève son retour à la normale, avec notamment un marché de l’emploi extrêmement fort. Un peu moins de 300.000 emplois créés le mois dernier.

Fossé grandissant Etats-Unis / Zone Euro

Les indicateurs d’activité sont toujours en progression, et il va devenir très difficile pour la FED de ne pas remonter ses taux en fonction de ces éléments. Même ses inquiétudes de voir le reste du monde un peu à la traîne ne pourront pas la retenir très longtemps. Une économie en pleine reprise ne peut garder des taux quasi-nuls trop longtemps sous peine de créer des déséquilibres graves, d’autant que le dollar n’arrête pas de monter.

La BCE de son côté commençant à peine son plan de rachats d’actifs de 60 milliards d’euros par mois, on a vraiment un écart de conjoncture et de phase de politique monétaire qui se creuse, et qui va donc rééquilibrer totalement les forces entre euro et dollar.

Objectifs atteints plus vite que prévu

Les objectifs chiffrés sont les mêmes et tout est finalement dans le timing. Goldman Sachs et Deutsche Bank prévoyaient le niveau d’1,08-1,07 pour la parité euro-dollar à la fin de l’année 2015. Avec même une inversion quelques semaines après à 0,97, donc un dollar qui passerait devant. Mais leur scénario se réalise avec des mois d’avance !

Donc l’objectif de parité n’est plus qu’une question de semaine. Les chiffres de l’emploi américain ont dissipé les dernier doutes et balayé les paris les plus audacieux : la FED n’aura d’autre choix que de remonter ses taux avant la fin de l’année. Sans doute cet été. Et la Deutsche Bank de penser que la BCE désormais s’est lancée dans un processus qui devrait durer au moins 5 ans : aucune remontée des taux n’est envisageable avant la fin de la décennie disent les analystes.

Avantage compétitif ou déséquilibre grandissant ?

Mais même si l’écart compétitif va rester du côté européen, avec notamment des entreprises industrielles et des exportatrices aidées par ces effets-devise, encore une fois c’est la violence du mouvement qui va peut-être poser problème, la nécessité de se couvrir et de s’adapter à ces nouvelles donnes prenant du temps.

Peut-être l’occasion, comme Benoît Coeuré, membre français du Conseil de la BCE, ou d’autres, de devoir mettre le holà, en fixant des limites. Le cas échéant, le mouvement s’il st incontrôlé, pourra devenir une nouvelle faiblesse et un nouveau sujet d’inquiétude pour la zone euro.

Antoine Larigaudrie