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Arrêtons de consommer, épargnons !

Retrouvez la chronique de Jean-Marc Daniel à 7h50 du lundi au vendredi.

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Un sondage sur les dépenses des Français cet été montre que ceux-ci ont réduit leur épargne, en moyenne de 200€. S’il est normal que l’épargne soit sollicitée dans les périodes difficiles, cela est plutôt inquiétant car on vit de plus en plus au jour le jour et on menace l’avenir.

Selon un sondage, les Français auraient commencé à réduire leur stock d’épargne. Cela soutient la consommation. Il faut s’en inquiéter à cause de deux idées fausses assez courantes. La première est que nous sommes très épargnants. Certains épargnent beaucoup mais l’Etat vivant au-dessus de ses moyens, in fine le pays n’épargne pas assez. L’indicateur de cela est le déficit extérieur. Pourquoi ce déficit ? Parce qu’il traduit moins le fait que nous n’exportons pas assez que le fait que nous importons beaucoup. Nous avons un certain pouvoir d’achat et ce pouvoir d’achat n’est pas satisfait par notre production nationale. Et on retrouve là la deuxième idée fausse qui est que la consommation est un moteur de la croissance. La consommation, c’est de la dépense. Et un pays, en un certain sens, c’est comme un ménage : il ne devient pas riche parce que l’on y dépense mais il dépense parce qu’il est riche. Avant de consommer, il faut produire et l’épargne sert à financer les investissements à l’origine de la production.

Vous semblez dire qu'il faudrait favoriser l'épargne ; ce n'est pas vers quoi l'on s'oriente.

Oui et non. On a baissé le taux du livret A cet été, ce qui a conforté la population dans sa volonté de désépargner. Mais d’un autre côté on avait remonté son plafond. On retrouve toute l’ambiguïté de notre politique économique. Nos dirigeants savent que le vrai problème c’est l’absence de croissance. Sans croissance il n’y a pas de richesse à distribuer et donc par de pouvoir d’achat. Et comme ils n’arrivent pas à relancer la croissance, ils gagnent du temps. Réduire l’épargne c’est gagner du temps, c’est sacrifier le futur au présent. Nous avons la même production qu’en 2007 mais nous sommes plus nombreux : le maintien du pouvoir d’achat ne se fait que par le crédit ou la diminution du bas de laine.

C'est grave ?

Si la croissance ne revient pas durablement, oui. Et ce n’est pas ce que le président de la République lui-même appelle le « concours Lépine de la fiscalité » qui va nous la rendre. En termes d’épargne, l’enjeu est ainsi moins son montant que le fait qu’en France, elle ne va pas assez vers les entreprises et vers la production future et trop vers l’assurance vie qui sert à financer le déficit budgétaire.

Jean-Marc Daniel