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AMF : "Il faut assumer le projet de loi de finances 2013, c’est un mal pour un bien"

Gérard Rameix a été nommé à la présidence de l'Autorité des marchés financiers en août dernier.

Gérard Rameix a été nommé à la présidence de l'Autorité des marchés financiers en août dernier. - -

Gérard Rameix, le président de l’Autorité des marchés financiers, a commenté le budget 2013 présenté vendredi 28 septembre. Il estime que ce n'est pas tant la fiscalité que le manque de confiance qui est la source du désamour des Français pour les placements en actions.

Invité de BFM Business ce lundi 1er octobre, Gérard Rameix, président de l’Autorité des marchés financiers (AMF), s’est exprimé sur la teneur du projet de loi de finances pour 2013, dévoilé vendredi dernier. Il estime que le gouvernement "n’a pas le choix " au vu de la situation financière du pays et des objectifs fixés.

"J’ai commencé ma carrière à Bercy et à la Cour des comptes, donc je sais que ce n’est pas facile de relever les recettes fiscales et de redresser les comptes. Même faire des économies n'est pas sans conséquences ", explique-t-il, en mettant en avant les incidences financières que de telles décisions font peser sur les partenaires qui devront les subir.

Le tour de vis fiscal propose par le gouvernement est donc logique. " Il faut assumer cela, c’est un mal pour un bien", juge-t-il.

La nouvelle fiscalité du capital ne devrait pas avoir d'incidence majeure. Le président de l'AMF explique que les Français se détournent des actions depuis longtemps déjà. La tendance ne va pas prendre de la vitesse au vu des nouvelles taxations. " Les dividendes distribués n’ont fait qu’augmenter ces dernières années, et ces perspectives de gains supplémentaires n’ont pas suffi à attirer les Français. Je crois donc que, si on augmente les prélèvements de 3 %, à contrario, cela ne va pas les faire changer non plus", analyse-t-il.

Améliorer la compétitivité

En cause : le manque de confiance accordé aux marchés par les Français. " Nos concitoyens ont du mal à comprendre comment marche la finance et le monde économique. Même les spécialistes reconnaissent que le progrès technique, qui permet par exemple de passer des ordres automatiques, a contribué à cette opacité", poursuit-il. Aussi, les Français se replient vers des placements peu risqué et la pierre.

Le plan d’action consiste à "donner une vision plus claire de notre action et des informations que nous fournissons sur les sociétés. » détaille-t-il Rameix.

Si Gérard Rameix comprend le choix politique fait par le gouvernement pour élaborer le budget 2013, il attend d’autres changements sur l’avenir. " J’attends d’avoir une image d’ensemble", explique le président de l'AMF. Il attend surtout la deuxième vague de mesures, qui pour lui, doit tendre vers un objectif prioritaire : améliorer la compétitivité.

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