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Immobilier : l'envolée des prix se poursuit, Paris au bord de la surchauffe

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Au premier trimestre 2019, les prix de l'immobilier ancien ont progressé de 3% en France. Un rythme semblable à celui constaté l’an passé à la même période qui s’accompagne d’un nouveau record de transactions.

L’Insee et les notaires de France ont partagé ce jeudi leurs derniers résultats. Entre janvier et mars 2019, les prix de l'immobilier ancien ont augmenté de 3,0%. Une hausse qui s’inscrit dans la lignée de celle observée en 2018 (+3,2%). Comme observé depuis fin 2016, la hausse reste plus importante pour les appartements (+3,7 % en un an) que pour les maisons (+2,5 %).

Sur les douze derniers mois, le nombre de transactions a même atteint 985 000. Un niveau qui n’avait en France jamais été atteint. "Si l’on rapporte les transactions au stock de logements disponibles, qui augmente d’environ 1 % par an, la proportion de ventes reste équivalente aujourd’hui à celle du début des années 2000", analyse néanmoins l'Insee.

"On commence à frôler le million" de transactions, a résumé jeudi le notaire Thierry Delesalle, lors d'une conférence de présentation des chiffres trimestriels.

"Ca continue à monter et ça va contre tous les prévisionnistes (qui) disaient 2019 ça va s'écrouler, ça va ne pas être bon du tout", a-t-il insisté. 

Cet essor du marché avait en effet conduit certains acteurs, parmi les réseaux d'agence, à s'interroger fin 2018 sur un éventuel atterrissage, des doutes accentués par des circonstances plus ponctuelles comme le mouvement des "gilets jaunes" et l'entrée en vigueur du prélèvement la source. Il n'en est finalement rien.

De fait, le marché immobilier est notamment porté par une politique très accommodante en matière de taux menée par la Banque centrale européenne (BCE) depuis des années.

Hétéroclite

Les spécialistes du secteur redoutaient par ailleurs que le mouvement des « gilets jaunes » puisse avoir un impact majeur sur le marché, tout comme l’entrée en vigueur du prélèvement à la source. Finalement, il n’en est rien. L’immobilier ancien n’affiche pour le moment aucun signe de repli.

Comme souvent, cette hausse de 3% masque un paysage plus contrasté au niveau des régions. Dans la capitale, la tendance se révèle particulièrement forte et frôle la surchauffe puisque les prix ont progressé de 6,4% au premier trimestre après une hausse annuelle de 5,7%. Résultat : Paris ne compte désormais plus aucun arrondissement où les prix moyens sont inférieurs à 8000 euros/m². 

L’augmentation a quelque peu freiné en revanche en province avec une hausse de seulement 2,6%, tout en sachant que ce chiffre ne met toujours pas en exergue les contrastes qui existent d’une ville à l’autre. Quant au marché rural, celui-ci demeure déprimé depuis des années.