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Aux Etats-Unis, on peut désormais savoir si une maison est hantée

La maison hantée s'illumine, le 01 novembre 2002 à Marne-la-Vallée lors de la soirée Halloween du parc Eurodisney.

La maison hantée s'illumine, le 01 novembre 2002 à Marne-la-Vallée lors de la soirée Halloween du parc Eurodisney. - Bertrand Guay - AFP

Avant d'acheter la maison de ses rêves, mieux vaut prendre quelques précautions d'usage. Sauf si on ne croit vraiment pas aux fantômes...

Votre maison est-elle hantée? Soyons honnête, en France, on pose rarement cette question lorsqu'on visite un logement à vendre ou à louer. En revanche savoir si une ou plusieurs personnes y ont trouvé la mort par le passé n'est pas un sujet qui laissent indifférent. Les Américains, qui ont fait d'Halloween, la fête la plus prisée de l'année après Noël, y accordent une grande importance.

A tel point que voici deux ans, Roy Condrey a eu l’idée de monter une start-up, DiedInHouse, qui permet de connaître l’historique de sa maison, comme on peut le faire par exemple pour une voiture d’occasion.

Le jeune entrepreneur a confié à l’agence Bloomberg qu'il voulait créer le "Carfax" de l’immobilier, en référence au service en ligne qui fournit de nombreuses informations sur les véhicules construits il y a plus de 30 ans aux Etats-Unis.

4,5 millions de maisons potentiellement hantées

Pour savoir si des scènes horribles se sont déroulées dans le jardin ou la cave de sa demeure, cet habitant de Caroline du Sud a compilé certificats de décès, faits divers et rapports de police mis en ligne à partir des années 80, ce qui fait évidemment gagner du temps à ceux que cela intéresse.

Et la base de données de ce "moteur de recherche de morts" commence à être conséquente: pas moins de 4,5 millions de maisons ayant été le théâtre de mort naturelle, accidentelle ou criminelle ont ainsi été recensées. De quoi donner des frissons. Cette information n'est pas gratuite. Il faut débourser 12 dollars (11 euros) pour tout savoir du passé caché d'une propriété. "Business is business".

Une dizaine d’euros pour éviter de vivre dans l’angoisse, ça peut valoir le coup. D'autant que la loi américaine n’oblige pas les professionnels à informer les candidats à l’achat d’événements sordides de ce type. Inutile de néanmoins de chercher un site équivalent en France. Le concept n’a pas encore traversé l’Atlantique.

Il est vrai que, selon la loi française, l’agent immobilier est à l'abri des poursuites si les acquéreurs découvrent après coup que leur maison est "hantée": "Dans le cas de vices cachés, sa responsabilité n'est engagée que s'il avait connaissance de l'information ou si l'examen des lieux avait montré la présence de ces vices" (ou de sévices?). 

Aux Etats-Unis, une maison où un meurtre a eu lieu peut perdre environ 25% de sa valeur, explique Roy Condrey sur son site. Un bon plan finalement, du moins pour ceux qui ne croient pas aux fantômes…

Julien Mouret