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Occupée par les fêtes de Noël, la ministre de la pêche britannique n'avait pas lu l'accord sur le Brexit avant la signature

Un chalutier dans le ort de Eyemouth en Ecosse le 18 décembre 2020

Un chalutier dans le ort de Eyemouth en Ecosse le 18 décembre 2020 - Andy Buchanan © 2019 AFP

Alors que la colère monte chez les pêcheurs écossais, qui ont dû suspendre leurs exportations pour des raisons administratives, la ministre de la pêche britannique a reconnu ne pas avoir eu le temps de lire l'accord entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, trop "occupée" par l'organisation des fêtes de Noël.

Les appels à la démission se multiplient outre-Manche à l'encontre de Victoria Prentis, ministre de la pêche du Royaume-Uni. Son tort: une petite phrase qui ne passe pas, surtout auprès des pêcheurs écossais. Ces derniers ont eu la mauvaise surprise d'être contraints à suspendre leurs exportations de crabes, homards ou saumons vers le continent après l'accord sur le Brexit

Surcharges administratives, certificats sanitaires… tout s'est compliqué pour les marins depuis l'accord signé le 24 décembre dernier. D'autant plus que leur ministre de tutelle a admis, ce mercredi, ne pas avoir lu le texte en question.

Interrogée par une commission parlementaire, qui lui demandait si elle n'avait pas eu un regard critique sur l'accord trouvé, avant sa signature, Victoria Prentis a tout simplement reconnu avoir été accaparée par son réveillon de Noël.

L'accord est intervenu alors que nous étions tous très occupés la veille de Noël, et dans mon cas, à l'organisation des festivités locales", a-t-elle indiqué, provoquant la colère des professionnels du secteur.

Le soutien de Boris Johnson

"En raison de la bureaucratie induite par le Brexit, les communautés de pêcheurs écossais subissent déjà de graves perturbations et ne peuvent pas livrer leurs produits à leurs clients sur le marché européen à temps, a critiqué la, porte-parole du Parti National Ecossais (majoritaire). Que la ministre de la pêche admette qu'elle n'a même pas pris la peine de lire les détails de l'accord parce qu'elle était trop occupée est incroyable et rend sa position intenable."

Pour le moment, Victoria Prentis a toujours le soutien du Premier ministre Boris Johnson. Ce dernier a promis que l'Etat indemniserait les pêcheurs lésés par ces tracasseries administratives, évoquant simplement des "problèmes au démarrage".

Thomas Leroy Journaliste BFM Business