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Les éoliennes en mer créent (enfin) un boom des emplois à terre en France

La première nacelle assemblée par GE Renewable Energy est sortie de l'usine de Montoir-de-Bretagne pour le futur parc éolien en mer de Saint Nazaire.

La première nacelle assemblée par GE Renewable Energy est sortie de l'usine de Montoir-de-Bretagne pour le futur parc éolien en mer de Saint Nazaire. - General Electric

Retardés à cause de recours d'opposants, les premiers parcs éoliens off shore se lancent en France, créant des emplois industriels en amont. GE vante 1100 postes créés d'ici 2021 sur 3 sites. La filière (éolienne, fondation, station électrique) embauche.

Les parc éoliens off shore en France, attribués pour certains depuis 2013 mais freinés par des recours juridiques d'opposants, vont créer de nombreux emplois... à terre. Plusieurs sites situés sur les façades maritimes de l'ouest en profitent: la Bretagne, les Pays de la Loire et la Normandie, où le lancement de chantiers a débuté.

"La filière éolien en mer pour GE à horizon de la fin 2021 c'est 1400 emplois sur le territoire français", a affirmé il y a quelques jours la direction de GE Renewable Energy, depuis son usine de Montoir-de-Bretagne située dans l'embouchure de l'estuaire de la Loire.

80 nacelles d'éoliennes pour le parc de Saint-Nazaire

Cette usine vient de sortir la première turbine destinée au futur parc éolien de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), porté par EDF Renouvelables et Enbridge. Le site fournira les 80 nacelles de 6 MW destinées à ce parc off shore, qui entrera en service en 2022.

Cette site, qui emploie 350 personnes, va encore en recruter une centaine. Le bureau d'ingénierie à Nantes réunirait environ 200 personnes, et l'usine de pales d'éoliennes de Cherbourg a vocation à monter à 850 salariés.

Des emplois créés dans les bases de maintenance

En attendant de réaliser cet objectif à Cherbourg, le recrutement de 250 personnes supplémentaires y a été lancé, mi-juin, par le groupe américain, qui va supprimer par ailleurs 753 postes dans les équipements de barrages et les réseaux électriques.

GE promet aussi la création d'une centaine d’emplois sur la future base de maintenance située sur le port de La Turballe (Loire-Atlantique) proche du futur parc éolien.

La filière des énergies marines renouvelables a franchi en 2019 la barre des 3.000 emplois en France.
La filière des énergies marines renouvelables a franchi en 2019 la barre des 3.000 emplois en France. © Observatoire des énergies de la mer

Outre les éoliennes (nacelles, pale, turbines), un parc éolien en mer comme celui de Saint-Nazaire a besoin d'une sous-station électrique. Ce gros équipement est en cours de fabrication aux Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire où elle est donne du travail aux ouvriers et techniciens d'Atlantique Offshore Energy.

Une usine temporaire à Brest assemblera les fondations

Un autre chantier, celui du parc de 62 éoliennes off shore à Saint-Brieuc (Côtes d'Armor), affichant une puissance de 496 MW, exploité par l'énergéticien espagnol Iberdrola, génère aussi de l'emploi en France.

Un contrat de 350 millions d'euros prévoit la fourniture de la moitié des fondations sous-marines des éoliennes où seront arrimées les 62 turbines Adwen de 8 MW. Elles seront assemblées sur le port de Brest, par une usine temporaire établie par Navantia, industriel espagnol choisi par son compatrote Iberdrola.

En tout, 1100 personnes seront employées en France pour réaliser l'ensemble de ce parc off shore: 750 emplois directs et indirects dans la future usine d'éoliennes de Siemens-Gamesa, en construction au Havre, 250 à l’usine temporaire de Brest, et une centaine au futur site de maintenance, dont la localisation devrait se situer dans la baie de Saint-Brieuc.

La sous-station électrique chargée de collecter l’électricité issue des éoliennes du futur parc de Saint-Brieuc, sera construite par Eiffage Métal et Engie Solutions. Toutefois, celles-ci ne la fabriqueront pas en France, selon Ouest-France, mais en Belgique, en Pologne et aux Pays-Bas.

3000 emplois créés en 2019 dans les énergies marines renouvelables

Tous les emplois liés au lancement de ces premiers parc off shore en France viendront grossir les effectifs employés par la filière des énergies marines renouvelables. Celle-ci a franchi en 2019 la barre des 3000 emplois en France, selon l'observatoire des énergies en mer, qui a publié un bilan fin juin 2020.

Ces emplois (équivalent temps plein) se retrouvent aux trois-quarts chez les prestataires et fournisseurs industriels, surtout dans l'éolien en mer posé.

Christophe Clergeau, de l'observatoire, se dit convaincu que cette filière "est une bonne candidate à la reprise, qu'elle est résiliente, et tous les signaux de soutien seront bien perçus par les entreprises".

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco