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La fusée européenne Vega a enfin décollé de Kourou

Le tir de la fusée Vega, prévu le 1er septembre avait été à cause de problèmes météorogiques

Le tir de la fusée Vega, prévu le 1er septembre avait été à cause de problèmes météorogiques - Handout/CNES

Après des problèmes de météo qui ont contraint à repousser son lancement, La fusée Vega a décollé le 3 septembre à 22h51 de Kourou. Sa mission: mettre en orbite une grappe de 53 satellites.

Vega, beaucoup savent que c'est le nom de l'étoile la plus brillante de notre galaxie et aussi aussi le patronyme d'un personnage d'un film de Quentin Tarantino. Mais c'est aussi le nom d'un lanceur, le plus léger de la gamme Arianespace.

Après de nombreux reports, elle a enfin décollé de Kourou en Guyane française dans la nuit du 2 au 3 septembre. Le dernier report du lancement, le 1er septembre, était dû au passage d'un typhon au-dessus d'une station de suivi en Corée du Sud. Avant cela il y a eu la crise du Covid-19, puis des conditions météorologiques particulièrement défavorables (forts vents d'altitude) cet été au-dessus de la Guyane.

Cette mission, baptisée VV16, cumule de malchance. Le premier tir devait être effectué en mars 2019. Il été annulé à cause d'une défaillance technique. Il a été repoussé à mars 2020, mais l'épidémie de Covid-19 et le confinement ont contraint Kourou à la repousser au 17 juin. Le mauvais temps n'a pas permis ce décollage. Il a été reporté au 20 juin et a encore été annulé pour des raisons météorologiques.

L'espoir renait pour les 21 clients issus de 13 pays qui attendent ce lancement depuis un an. Ce programme porté par l'Union européenne et l'Agence spatiale européenne (ESA) est le premier lancement européen de vol groupé ("rideshare"). La mission VV16, vise à mettre en orbite une grappe de satellites.

Une alternative à SpaceX

La "grappe" de 53 satellites est constituée de sept petits modèles (entre 15 et 150 kilos) et 46 nano-satellites, pour des applications allant de la communication à l'observation de la Terre, en passant par la recherche scientifique.

Parmi eux, un nanosatellite conçu par les étudiants du Centre spatial universitaire de Grenoble (CSUG) pour photographier les aurores boréales. "Etudier les aurores boréales va nous permettre de mieux comprendre les interactions entre le vent solaire et la haute atmosphère de la Terre (entre 100 et 300 kilomètres)", explique Mathieu Barthélemy, directeur du CSUG.

"Pour la première fois, l'Europe sera capable de consolider une mission avec plusieurs dizaines de satellites à bord, ce qui avait déjà été fait par d'autres lanceurs dans le monde", particulièrement l'américain SpaceX, explique Stéphane Israël, président exécutif d'Arianespace.

Fabriquée en Italie, cette "petite soeur" d'Ariane permet d'assurer des vols à des tarifs aussi compétitifs que les lanceurs de la société d'Elon Musk dans le secteur ultra concurrenciel des lanceurs de satellites.

Nous allons standardiser l'accès à l'espace pour les petites charges utiles qui vont pouvoir 'prendre le métro au lieu de prendre un taxi individuel'", avait expliqué à l'AFP Daniel Neuenschwander, directeur du transport spatial européen de l'Agence spatiale européenne (ESA).

Le prochain tir au Centre spatial est prévu à la mi-octobre, il s'agira d'une fusée Soyouz. "C'est un beau symbole, après une Ariane 5, maintenant Vega, nous serons en octobre avec Soyouz, cela illustre notre famille de lanceurs", a déclaré à l'AFP Stéphane Israël.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco