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L'Insee annonce la fin de la récession mais sous-estime les aléas à la baisse

L'activité a cessé de se contracter en France

L'activité a cessé de se contracter en France - -

L'activité a cessé de se dégrader en France, estime l'Insee qui confirme ainsi les récentes observations de notre social Ecorama. Mais des turbulences ne sont pas à exclure au second semestre de 2013.

L’activité se contractera en France de 0,1% sur l’ensemble de 2013, après avoir stagné en 2012, selon l’Insee qui publiait, jeudi 20 juin, ses premières prévisions pour l’ensemble de 2013. Après un mauvais premier trimestre (-0,2%), des exportations plus fermes et la reconstitution des stocks ont permis un rebond au printemps, mais l’activité se stabiliserait ensuite (0% au troisième trimestre et 0,1% au premier trimestre). Bref c’est une timide embellie qui se dessine pour l’économie française. 

Première observation : tous les indicateurs "non officiels" aboutissent au même diagnostic que l’Institut de conjoncture : la récession est probablement finie, autrement dit l’activité à globalement cessé de se contracter. Nous l’annoncions déjà depuis 2 à 3 semaines sur BFM business grâce à notre social Ecorama, notre baromètre du climat des affaires calculé à partir de l’humeur économique des réseaux sociaux.

Ce diagnostic est confirmé par le baromètre élaboré chaque mois par Markit auprès des directeurs d’achat, selon lequel l'activité du secteur privé poursuit son repli en juin mais à un rythme de plus en plus faible.

Deuxième observation : autour du scénario retenu pour le second semestre, les aléas à la baisse sont plus nombreux que les aléas à la hausse. Faut-il vraiment compter sur une accélération des exportations par exemple, vu la faiblesse de nos grands partenaires ? Deux d’entre eux semblent particulièrement menaçants.

D’abord, les turbulences qui ne vont pas manquer de se produire sur les marchés financiers avec le tout début de resserrement de la politique monétaire américaine, avec l’annonce de moindre injections de liquidités le 19 juin. Déjà, les taux d’intérêt à long terme ont remonté, suffisamment pour donner un sérieux coup d’arrêt aux bourses, selon une mécanique que la Réserve fédérale semble encore maîtriser. Mais la maîtrisera-t-elle jusqu’au bout ?

Claques et câlins aux patrons

Deuxième aléa : la politique économique menée par le tandem Ayrault-Hollande. S’il continue à alterner les claques et les câlins aux patrons et aux entrepreneurs comme c’est le cas depuis son arrivée aux affaires, s’il continue à ne modifier que quelques paramètres de notre modèle social et de l’organisation de l’Etat, alors les décideurs ne retrouveront pas la confiance et des déconvenues sont à attendre du côté de l’investissement et des embauches. Que le gouvernement se le dise : la reprise est aujourd’hui une petite bougie à la lueur à peine perceptible qu’il faut tout faire pour laisser vivre.

Mais même s’il réussit à la préserver, on sera encore loin des 1% à 1,5% de croissance en deça desquels il ne faut pas espérer de reflux du chômage.

Emmanuel Lechypre