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Voitures d'occasion: la folie des prix oblige l'Algérie à lâcher du lest

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Alors que les prix explosent sur le marché de l'occasion, le gouvernement algérien va de nouveau autoriser l’importation de véhicules, interdite depuis 2005. Une ouverture qui se fera sous certaines conditions.

Le gouvernement algérien souffle le chaud et le froid. Après avoir travaillé sur une "liste noire" interdisant jusqu'à 2.000 produits à l'importation (voir lien ci-dessous), Alger serait désormais enclin à autoriser l’importation de véhicules sous certaines conditions. C’est le ministre du Commerce en personne, Bakhti Belaïb, qui l’a confirmé lors d’une intervention ce lundi 19 septembre au forum "El Moudjahid". "On va lever cette interdiction et élaborer un cahier des charges bien précis qui permet de ne pas importer des véhicules représentant des dangers à la circulation. C’est-à-dire que nous allons autoriser l’importation de ces véhicules sous conditions", d'après des propos relayés par le quotidien El Watan

L’Algérie, qui autorisait par le passé l'arrivée de véhicules de moins de trois ans sur son territoire, avait décidé en 2005 d’interdire ces importations, prétextant que le pays ne pouvait pas être "la poubelle du monde". Cette ouverture du marché va permettre selon le ministre, d'importer des véhicules plus performants et moins onéreux que certains véhicules neufs importés actuellement. "Il existe des cas où certains constructeurs fabriquent des véhicules spécialement pour l'Algérie et qui sont loin des normes internationales", a indiqué Bakhti Belaïb.

Une Peugeot 406 de 2003 mise en vente pour 9.000 euros

Cela va surtout permettre de donner un peu d’air au marché de l’occasion. Car depuis 2014, l’importation de véhicules neufs est de plus en plus limitée. Si 417.913 véhicules ont pu entrer sur le territoire algérien cette année-là pour une valeur de 5,7 milliards de dollars, seulement 83.000 unités ont été autorisées à faire le même trajet en 2016 pour un montant n’excédant pas 1 milliard de dollars. Une situation qui a fait s’envoler le prix des voitures sur le marché de l’occasion, l’offre étant très inférieure à la demande. Ainsi, il est possible de trouver une Peugeot 406 datant de 2003 avec plus de 220.000 kilomètres au compteur mise en vente pour la coquette somme de 1.100.000 dinars, soit près de 9.000 euros. Un modèle qui se négocie en France entre 2.500 et 4.500 euros…

Le gouvernement devra tout de même encore trancher sur la manière dont il souhaite que ce marché soit organisé. "Il sera soit laissé aux distributeurs et aux concessionnaires uniquement, soit il sera ouvert également à d’autres intervenants" affirme le ministre du Commerce, laissant entendre que les particuliers ne pourront pas acheter directement le véhicule de leur souhait à l'étranger.