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Shutdown: Obama veut mobiliser Wall Street contre les républicains

Barack Obama tente d'impliquer les marchés dans le débat budgétaire pour faire plier les républicains.

Barack Obama tente d'impliquer les marchés dans le débat budgétaire pour faire plier les républicains. - -

Le président pousse les marchés à s'inquiéter de l'impasse budgétaire aux Etats-Unis. Si les indices américains se mettaient à baisser, la pression sur les républicains n'en serait que renforcée.

Barack Obama a reçu, le 2 octobre, les responsables du Congrès à la Maison Blanche. Mais cela n'a pas suffi à débloquer la situation. A l'aube de ce troisième jour de fermeture partielle des administrations américaines ce 3 octobre, le président américain met en garde les marchés financiers, affirmant qu'à ce stade, ils devraient se faire du souci.

Habituellement, les politiciens au pouvoir font tout ce qu'ils peuvent pour calmer les marchés, pour tenter de les rassurer. Là, c'est l'inverse qu'a fait Barack Obama, qui a choisi de s'exprimer mercredi soir sur la chaîne d'information financière CNBC.

Le journaliste lui a demandé: "monsieur le président, les marchés sont pour l'instant assez calmes, ils pensent que c'est une énième querelle politique à Washington, ont-ils raison ?" Réponse de Barack Obama: "non, cette fois c'est différent. Ils devraient s'inquiéter".

Le patron de Goldman Sachs vigilant

Pourquoi invite-t-il ouvertement Wall Street à s'inquiéter ? Parce que, dit-il, une faction du parti républicain a pris l'Etat en otage sur le Budget et peut très bien le prendre en otage sur le plafond de la dette.

Barak Obama a justement reçu, mercredi 2 octobre, des représentants de Wall Street, dont le discours est à peu près le même que celui de Lloyd Blankfein, le patron de Goldman Sachs. "On a déjà eu des fermetures partielles de l'Etat, mais un défaut de paiement, jamais".

Au point que certains se demandent si Barack Obama n'est pas en train d'essayer de faire peur aux marchés, histoire de provoquer une petite dépression passagère à Wall Street et forcer ainsi les Républicains à réviser leur position.

Jean-Bernard Cadier correspondant à New York