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Livraisons de gaz: la Russie et l'Ukraine trouvent un accord

Un protocole d'accord sur le gaz a été trouvé.

Un protocole d'accord sur le gaz a été trouvé. - Sergey Bobok - AFP

Réunis à Bruxelles, les deux pays ont réussi à se mettre d'accord. Les livraisons de gaz étaient suspendues depuis le 1er juillet.

Petit apaisement dans les relations Russie-Ukraine. Les deux pays, réunis à Bruxelles par l'Union européenne, ont trouvé un protocole d'accord sur les livraisons de gaz, suspendues depuis le 1er juillet, pour l'hiver 2015-2016, a annoncé le vice-président de la Commission européenne Maros Sefcovic. Maros Sefcovic et les ministres de l'Energie russe Alexandre Novak et ukrainien Volodymyr Demtchychyne ont paraphé les documents devant la presse, à l'issue d'une réunion de près de six heures. "Nous venons juste de parapher un accord trilatéral pour l'hiver à venir", soit du 1er octobre jusqu'à la fin mars 2016, a expliqué Maros Sefcovic lors d'une conférence de presse.

L'accord sur ce nouveau "paquet hiver" est une "étape cruciale vers l'assurance que l'Ukraine ait des réserves de gaz suffisantes pour l'hiver à venir et pour qu'il n'y ait aucune menace pour un transit continu et fiable de la Russie vers l'UE", a-t-il ajouté. Si les "détails techniques" étaient réglés, les trois hommes ont toutefois précisé que le texte devait encore passer des procédures formelles avant d'être définitivement adopté. Volodymyr Demtchychyne, qui a jugé les conditions "acceptables", espérait pouvoir commencer à pomper "sous peu".

Opération entre Naftogaz et Gazprom

L'Ukraine s'est engagée à "sécuriser le transport de gaz naturel via son territoire vers l'UE, notamment en ajoutant 2 milliards de mètres cube de gaz" en octobre à ses réserves, est-il expliqué dans un communiqué. L'opération se fera entre l'opérateur gazier ukrainien Naftogaz et le russe Gazprom. L'Union européenne s'est engagée à faciliter le financement des achats ukrainiens, en particulier auprès d'institutions financières internationales comme la Banque mondiale ou le FMI, "mais ne fournit pas de financements supplémentaires", a souligné Maros Sefcovic. Par ce biais, "au moins 500 millions de dollars devraient être disponibles d'ici la fin de l'année", selon le communiqué de la Commission.

De son côté, la Russie a confirmé vendredi soir avoir baissé le prix du gaz vendu à l'Ukraine. Un décret qui détaille la formule déterminant les droits douaniers appliquée aux ventes de gaz russe a été publié. Elle revient selon les agences russes à une remise de 24,6 dollars pour 1.000 m3 par rapport au contrat en vigueur, et donc à un prix de 227,4 dollars par 1.000 m3. Les prix sont "à un niveau comparable à celui appliqué aux pays voisins de l'UE", a indiqué le ministre russe en conférence de presse, évoquant un rabais "d'environ 20 dollars". "Nous ne nous ménagerons pas nos efforts pour éviter tout problème", a-t-il assuré. La Russie et l'Ukraine étaient engagées dans un bras de fer sur le prix du gaz depuis l'arrivée au pouvoir de pro-occidentaux à Kiev début 2014.

Après une première interruption des livraisons de plusieurs mois en 2014 puis un accord provisoire pour assurer du gaz à l'Ukraine pendant l'hiver, les livraisons étaient de nouveau suspendues depuis juillet, sur fond d'un conflit qui a déjà fait 8.000 victimes. Les contacts s'étaient accélérés ces dernières semaines à l'approche de la saison froide, synonyme d'augmentation de la consommation en Ukraine mais aussi en Europe, dont environ 15% des besoins en gaz transitent par le territoire ukrainien, d'où les risques de perturbations des approvisionnements.

D. L. avec AFP