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Les PDG sont-ils poussés plus vite vers la sortie ?

John Flint, le PDG de HSBC, a annoncé sa démission lundi 5 août.

John Flint, le PDG de HSBC, a annoncé sa démission lundi 5 août. - AFP

En Europe comme aux Etats-Unis, de plus en plus de grands patrons quittent des fonctions qu’ils occupaient parfois depuis des lustres. Et ils sont de moins en moins nombreux à en être à l’initiative.

Ils se nomment John Flint (HSBC), Kevin Tsujihara (Warner Bros), Bert Habets (RTL Group) ou encore Alexandre Nodale (Conforama) et ils ont un point commun : ils ont tous été contraints de démissionner en 2019. Intervenant en qualité de PDG, ils étaient aux manettes de leurs entreprises respectives parfois depuis des lustres. Aussi, leur départ apparaît souvent comme une surprise tant auprès de leurs collaborateurs qu’aux yeux du grand public. Bien qu’ils soient démis de leurs fonctions pour différentes raisons (manque de performance des entreprises qu’ils dirigent, comportements inappropriés, ou, si l’on remonte à 2018, manœuvres financières frauduleuses pour ce qui est de l’affaire Carlos Ghosn), ils n’en sont pas moins poussés vers la porte de sortie extrêmement rapidement.

Et les chiffres le prouvent. Outre-Atlantique, une étude menée par un cabinet de recherche répondant au nom d’Exechange a analysé les départs de plus de 200 chefs d’entreprise américains. De cette analyse, il ressort que 52% des départs de dirigeants ne seraient pas volontaires. En cause, estime le cabinet, principalement des pressions (ou des décisions) exercées par les conseils d'administration ou les actionnaires des entreprises en question. 

Du jamais vu depuis 17 ans

Selon Challenger, Gray & Christmas (une société de recrutement et de coaching de cadres), il apparaît que depuis le début de l’année, les dirigeants ont quitté leur poste à un rythme qui n’avait plus été observé depuis au moins 17 ans. Résultat : sur les cinq premiers mois de 2019, 627 PDG américains ont annoncé leur départ (soit 16% de plus que sur la même période l’an passé).

Dans le reste du monde, si aucun chiffre ne fait état de ce phénomène selon lequel les dirigeants seraient pressés de prendre la porte en cas de manquements, les process pour leur indiquer la sortie n’en sont pas moins expéditifs. Sans compter que ces départs hâtifs chamboulent bien souvent la stabilité financière des entreprises. C’est le cas, par exemple, du patron de Asus (Jerry Shen) dont la démission remonte à janvier 2019 et qui a contraint la firme taiwanaise (spécialisée dans les cartes mères et les cartes graphiques notamment) à réajuster sa stratégie de groupe pour combler les difficultés qu’elle rencontrait sur le marché de la téléphonie mobile.

Au final, le fait que les plus hautes têtes tombent en premier au sein d’une entreprise, surtout lorsqu’elle est d’envergure, n’a certes, rien de nouveau. Il n’empêche que les conseils d'administration et/ou les actionnaires sont aujourd’hui clairement passés à la vitesse supérieure quand il s’agit de se séparer de leur PDG. Que celui-ci en assure la gouvernance depuis des décennies, ou non.