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Les créations d'emplois ralentissent nettement en août aux Etats-Unis

Malgré ce ralentissement, les créations d'emplois sont finalement restées solides pour maintenir un taux de chômage à 3,7% pour le troisième mois consécutif

Malgré ce ralentissement, les créations d'emplois sont finalement restées solides pour maintenir un taux de chômage à 3,7% pour le troisième mois consécutif - Pixabay

Les chiffres de l'emploi américain sont bien inférieurs aux attentes, ce qui relance les inquiétudes sur le ralentissement de l'économie américaine.

130.000 emplois ont été créés le mois dernier aux Etats-Unis. Voilà le chiffre que le département du Travail américain a publié ce vendredi 6 septembre. Sur le papier, le chiffre - qui concerne le nombre d'emplois non agricoles (NFP) - semble conséquent, mais il atteste cependant d'un ralentissement significatif. En juillet 2019, l'économie américaine avait créé 159.000 emplois. Là encore, les observateurs s'attendaient à un score plus élevé, avec un consensus des analystes à 171.000 emplois.

Dans le détail, si les emplois gouvernementaux ont enregistré une hausse de 34.000 contre 28.000 le mois précédent, le nombre de créations de postes dans le secteur manufacturier a, quant à lui, marqué le pas à 3.000 contre 4.000 en juillet. Hors emplois publics, et hors secteur agricole, les créations d'emplois sont passées de 131.000 à 96.000.

Jeudi 5 septembre, le rapport ADP sur l’emploi américain - lequel est calculé à partir d’un sous-ensemble des enregistrements d’ADP et représente environ 400.000 entreprises et près de 24 millions d’employés américains - présentait une meilleure tenue avec un nombre de créations d'emplois de 195.000 au mois d'août dans le privé.

Un taux de chômage à 3,7%

Malgré ce ralentissement, les créations d'emplois sont finalement restées solides pour maintenir un taux de chômage à 3,7% pour le troisième mois consécutif, selon les statistiques fédérales. De quoi fixer ce taux à un niveau proche de son plus bas depuis 50 ans et attester, une fois de plus, de la vitalité de l'économie du pays. 

Côté salaires, les indicateurs sont également au beau fixe puisque leur progression est estimée +0,4%. Soit une augmentation meilleure qu'au mois de juillet où elle se situait à +0,3%.

Cela pêche, en revanche, du côté des suppressions d'emplois dont le rythme a accéléré en août dans les entreprises aux Etats-Unis, avec plus de 10.000 d'entre elles attribuées à la seule guerre commerciale, selon une étude publiée jeudi.

"Où ai-je déniché ce type?"

Avant même que ces chiffres officiels ne soient rendus publics, le président Donald Trump avait, la veille, une nouvelle fois vivement critiqué la Fed et son président Jerome Powell. Sans directement faire référence au rapport sur l'emploi, le chef de l'Etat américain n'a pas manqué de rappeler son leitmotiv: la nécessité, selon lui, d'instaurer des taux d'intérêt plus bas pour soutenir l'économie.

"Ils ont relevé les taux trop vite et étaient vraiment en retard pour les abaisser. Où ai-je déniché ce type, Jerome?", a-t-il lancé sur Twitter envers celui qu'il a lui-même nommé à la tête de la Réserve fédérale il y a maintenant plus d'un an. "On ne peut pas toujours bien tomber", s'est-il ensuite dédouané.

Jerome Powell doit, de son côté, s'exprimer ce vendredi dans le cadre d'une discussion organisée par la Banque centrale suisse à Zurich.

Une économie qui ralentit

Au global, les chiffres révélés ce jour attestent d'une tendance qui reflète l'évolution de l'expansion de la première économie mondiale. Mais, compte tenu de la guerre commerciale, du Brexit et du ralentissement mondial de l'économie, de nombreux acteurs sur les marchés financiers redoutent une récession dans les 12 à 18 mois à venir.

"Le ralentissement de la croissance des emplois est tangible", a estimé Paul Ashworth de Capital Economics qui voit néanmoins des éléments positifs dans le paysage entre la hausse des embauches à temps partiel et celle de la participation à l'emploi. "Le côté positif, c'est que la Fed va sans nul doute réduire les taux d'intérêt de pas plus d'un quart de point" (0,25%), prédit cet analyste alors que Donald Trump trépigne, de son côté, pour obtenir des baisses bien plus conséquentes. Ce qui réduirait le coût des crédits pour les consommateurs et pourrait faire baisser le dollar face aux autres grande devises. 

J.C-H avec AFP