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La BCE "a cassé la spéculation sur l'euro"

Pour Philippe Dessertine, la BCE a réussi à rassurer les investisseurs

Pour Philippe Dessertine, la BCE a réussi à rassurer les investisseurs - -

Interviewé sur BFM Business ce vendredi 7 septembre, Philippe Dessertine, professeur d’économie, salue les annonces de la Banque centrale européenne de jeudi. Selon lui, elles apaisent les tensions sur la zone euro à court terme.

La Banque centrale européenne (BCE) vole au secours de l'euro. Jeudi 6 septembre, son président Mario Draghi a annoncé les détails de son plan d’action qui prévoit des rachats de titres dette à court terme des pays en difficulté sur le marché secondaire, comme l'Italie et Espagne.

Interviewé dans l’émission Good Morning Business de BFM Business, le professeur d’économie et président de l’Institut de Haute Finance, Philippe Dessertine, a estimé que la BCE a fait un pas important pour préserver la monnaie européenne.

La BCE, avec l’appui de l’Allemagne, "a décidé de casser la spéculation sur l’euro".Il poursuit : "il y avait une incohérence : les gouvernements de pays forts, comme l’Espagne et l’Italie, qui entamaient réellement des procédures vertueuses, ont vu leur taux d’emprunts monter".

Philippe Dessertine considère que ce phénomène est dû "à une spéculation à outrance sur l’explosion de l’euro, notamment de la part des fonds anglo-saxons" et considère que l’Europe "en est en partie coupable car elle a évoqué cette hypothèse de manière beaucoup trop forte depuis plusieurs mois voire plusieurs années".

Seul "le problème de surchauffe" est réglé

Pour le professeur d’économie, la BCE a mis à mal cette spéculation "en annonçant qu’elle rachète sans limite des obligations d’états en difficulté sur le marché secondaire". Ainsi l’institution européenne vient "assurer à tous les établissements financiers qui achètent de la dette européenne qu’ils n’auront pas de problème avec la dette souveraine européenne, que l’euro n’explosera pas et que la BCE est la garantie dont ils avaient besoin".

Philippe Dessertine souligne toutefois que la BCE intervient sur le marché secondaire de la dette. Sur le marché primaire,"c’est aux états européens d’intervenir",via les fonds de secours européen. "Cela signifie que la France et l’Allemagne doivent être les deux cautions absolues pour que cette deuxième partie du mécanisme de sauvetage de l’euro puisse être effective", analyse Philippe Dessertine. En conséquence, "la France n’aura pas le choix et devra faire preuve d’une grande rigueur budgétaire pour assumer ce rôle".

Philippe Dessertine en conclut qu’avec l’action de la BCE, l’Europe a réglé "le problème de surchauffe mais rien des problèmes fondamentaux de l’économie européenne, et en particulier du problème de la dette publique".

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