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L'Argentine va-t-elle choisir le défaut de paiement dans 48 heures?

L'Argentine cherche à gagner du temps, mais pourrait tout de même choisir le défaut de paiement technique.

L'Argentine cherche à gagner du temps, mais pourrait tout de même choisir le défaut de paiement technique. - -

Le pays n'a plus que deux jours pour entamer le remboursement des "fonds vautours". Si tel n'est pas le cas, l'Argentine se retrouvera en situation de défaut de paiement technique mercredi 30 juillet.

Il reste deux jours à l'Argentine pour éviter le défaut de paiement.
La justice américaine l'a en effet condamnée à payer 1,5 milliard de dollars à deux fonds vautours, une décision qui bloque du même coup le remboursement des autres créanciers. 500 millions de dollars sont consignés, ce qui pourrait conduire le pays au défaut de paiement technique.

Mercredi 30 juillet, les détenteurs de bons argentins doivent en effet percevoir leurs intérêts sur des créances restructurées suite au gigantesque défaut connu par le pays après la crise de 2001.

Pour rappel, l'Argentine fait face à deux types de créanciers. Ceux qui ont accepté une décote de 70% après la crise de 2001, les créanciers restructurés, qui constituent la grande majorité. Mais il y a aussi ceux qui ont refusé la décote de leur créance et qui, coute que coute, exigent un remboursent à 100%: les "vautours". C'est notamment le cas des fonds américains Eliott et Aurelius.

L'Argentine cherche à gagner du temps

Un juge américain, de son côté, a bloqué les versements des interêts aux autres créanciers. L'Argentine n'a donc plus le droit de les payer tant que les fonds vautours ne sont pas remboursés.

Ce que l'Argentine refuse de faire pour l'instant. Car si elle paye les fonds vautours maintenant, une clause dite "Rufo (Rigths Upon futur offer) pourrait imposer automatiquement à l'Argentine d'améliorer son offre vis a vis de ses autres créanciers, ce qui pourrait déclencher une vague de renégociations. Et au lieu de rembourser un milliard et demi, cela pourrait être 100 milliards. Cette clause expire en janvier 2015, l'Argentine cherche donc à gagner du temps.

Il reste deux jours pour tenter de trouver un accord. Personne ne semble vouloir lâcher prise: ni les fonds vautours qui bataillent depuis 10 ans, ni l'Argentine qui pourrait préférer le défaut de paiement technique. Comme le dit le ministre de l'Economie: "mieux vaut un typhon qu'un tsunami..."

Jean-Baptiste Huet