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L'Argentine négocie avec ses créanciers pour une nouvelle restructuration de sa dette

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image d'illustration - EITAN ABRAMOVICH - AFP

L'Argentine souhaite restructurer sa dette émise sous législation étrangère, qui représente 66 milliards de dollars, soit 20% de la dette publique du pays.

L'Argentine espérait une réponse favorable de ses créanciers étrangers après sa nouvelle offre "définitive" qui sera présentée mardi en vue de restructurer sa dette, un processus indispensable pour relancer son économie mise à mal par la pandémie de coronavirus. 

Près de trois mois après la présentation de sa première offre de restructuration de ses 66 milliards de dollars de dette émise sous législation étrangère, le gouvernement du président Alberto Fernandez (centre gauche) a fait savoir dimanche soir qu'il présenterait sa nouvelle proposition devant la Security Exchange Commission (SEC), à New York, prolongeant la négociation jusqu'au 4 août.

La divulgation de la nouvelle offre devant le gendarme financier américain devait initialement intervenir lundi à la fermeture des marchés, qui ont déjà réagi favorablement avec une hausse de jusqu'à 20% des sociétés argentines cotées à Wall Street. Autre signe d'optimisme: à Buenos Aires, l'indice Merval a grimpé de plus de 9% à la clôture. 

Une proposition qui s'aligne sur les attentes des créanciers

Elle a finalement été repoussée à mardi, a appris l'AFP de source officielle. Les discussions avec les créanciers étrangers, lancées le 20 avril, ont déjà été prolongées plusieurs fois. Elles devaient en principe s'achever le 24 juillet.

La dette étrangère de l'Argentine représente un cinquième de sa dette totale, qui s'élève à 324 milliards de dollars, soit 90% du produit intérieur brut du pays. Deux fonds d'investissement, Gramercy et Fintech Advisory, plutôt favorables à une renégociation, se sont montrés satisfaits de la nouvelle proposition. 

Selon une source gouvernementale, la dernière offre argentine s'élèverait à "près de 53 dollars" pour 100 dollars, alors que l'offre originale était de 39 dollars, ce qui avait été rejeté par la majorité des créanciers. "Evidemment, c'est une offre bien meilleure. Il s'agit d'une bonne proposition car ça correspond plus ou moins aux demandes des créanciers et aux conditions de l'Argentine", a expliqué à l'AFP l'analyste économique Sebastian Maril.

En défaut de paiement depuis fin mai

La nouvelle proposition argentine ramène le délai de grâce de trois à un an et améliore la rémunération des intérêts et du capital. Au total, le pays s'engage à débourser 2,1 milliards de dollars jusqu'en 2023, contre 300 millions de dollars précédemment, selon les calculs de l'économiste Nery Persichini.

La première offre rejetée en mai prévoyait un délai de grâce de trois ans et une réduction de 62% des intérêts et de 5,4% du capital.

L'Argentine est en défaut de paiement depuis le 22 mai, date à laquelle était dû le paiement d'intérêts de 500 millions de dollars sur trois émissions d'obligations faisant l'objet des discussions. Malgré le défaut, les négociations ont continué.

La marge de manœuvre du gouvernement est réduite, avec une économie argentine en récession depuis 2018, un taux de pauvreté de 35% et une inflation qui a atteint 53% en 2019, sans compter les conséquences de l'épidémie de coronavirus.

OC avec AFP