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Ioukos: les actionnaires gèlent les avoirs du gouvernement russe en France

Un nouveau volet politique dans le démantèlement de Ioukos (image d'illustration)

Un nouveau volet politique dans le démantèlement de Ioukos (image d'illustration) - Anne Herenstein - AFP

La holding représentant les anciens actionnaires du groupe a indiqué avoir utilisé le droit français pour geler les avoirs du gouvernement russe. il s'agit de compenser les pertes occasionnées lors du démantèlement contesté et très politique de cette ancienne compagnie pétrolière.

La holding GML représentant l'ancien actionnaire majoritaire de Ioukos a affirmé jeudi à l'AFP avoir obtenu le gel des actifs du gouvernement russe en France, dans le cadre d'une procédure de compensation du démantèlement contesté de la compagnie pétrolière.

"Les lois françaises et belges nous permettent de geler les actifs que l'on peut identifier comme appartenant à la fédération de Russie", a déclaré à l'AFP le directeur exécutif de la GML, Tim Osborne, ajoutant que "des comptes bancaires et de l'immobilier" étaient concernés.

Au total en France, des comptes dans une quarantaine de banques ont été gelés ainsi que "huit ou neuf immeubles", a-t-il affirmé, précisant qu'il s'agissait "d'actifs gouvernementaux et non diplomatiques".

Selon lui, les actifs ont été gelés il y a deux semaines mais l'information n'a "fuité" que jeudi en Russie. Il n'y avait pas de réaction officielle immédiate de la part de la Russie ou de la France.

Des procédures dans d'autres pays

"Des procédures sont également déjà en cours en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis et d'autres vont suivre dans d'autres pays", a également déclaré Tim Osborne dont la holding GML est basée à Gibraltar.

Cette décision de la justice française découle de la condamnation en juillet 2014 par la cour permanente d'arbitrage de La Haye de l'Etat russe à verser une énorme indemnité de 50 milliards de dollars (37 milliards d'euros) pour avoir orchestré le démantèlement de Ioukos, l'ancien numéro un du pétrole en Russie, pour des raisons politiques.

Une décision de justice similaire à celle de la justice française a été prise en Belgique, donnant lieu au gel des comptes des ambassades russes à Bruxelles.

Cette intervention a suscité la convocation jeudi au ministère russe des Affaires étrangères de l'ambassadeur de Belgique dans la capitale russe. Ioukos avait été vendu à la découpe en grande partie au groupe pétrolier public russe Rosneft, un acteur de taille modeste pour le secteur à l'époque, devenu depuis le principal producteur mondial parmi les sociétés cotées.

J.M. avec AFP