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Hollande en Chine: comment les grands patrons français voient l'avenir

François Hollande et Xi Jinping au Palais du peuple à Pékin jeudi 25 avril.

François Hollande et Xi Jinping au Palais du peuple à Pékin jeudi 25 avril. - -

A l'occasion de la fin de la visite du président français à Pékin ce 26 avril, le chef de l'Etat chinois a rappelé que la vision à long terme est fondamentale dans la culture chinoise. En particulier quand il s'agit de business.

Les interlocuteurs chinois ont "parfaitement répondu" au souhait de la France de rééquilibrer les échanges commerciaux avec la Chine. C'est ce qu'a déclaré, ce vendredi 26 avril, François Hollande, dont le séjour express en Chine se termine ce jour. Avec son homologue chinois, Xi Jinping, ils ont notamment prononcé le discours de clôture d'un forum économique, jeudi soir à Pékin, sur les thème des échanges franco-chinois.

Devant plusieurs centaines de patrons français et chinois réunis au Palais du peuple, Xi Jinping a promis de bâtir une coopération de long terme avec la France. Ce n'est pas un simple affichage diplomatique. La durabilité des relations est fortement ancrée dans la culture chinoise.

En témoigne Luc Oursel, le patron d'Areva, dont le groupe vient d'officialiser plusieurs accords stratégiques dans le secteur de l'énergie en Chine. "Nous terminons un cycle de trente années de coopération avec la Chine, fait-il valoir, et nous sommes en train d'ouvrir un nouveau cycle, de trente ans aussi", dit-il espérer.

Un vrai partenaire s'installe dans la durée en Chine

Le leader français du nucléaire et EDF fêtent en 2013 leur troisième décennie de présence en Chine. L'énergéticien a "construit les premières centrales chinoises", rappelle son patron, Henri Proglio, pour qui "les deux EPR en cours de construction représentent la continuité de ce partenariat". Lui aussi l'affirme: "le long terme l'emporte sur l'immédiat", car "un vrai partenaire s'installe dans la durée, encore plus en Chine qu'ailleurs".

Les autres chefs d'entreprise présents à l'occasion de ce voyage à Pékin le martèlent également: la pérennité des échanges est primordiale en Chine. Henri Giscard d'Estaing, le patron du Club Med, en est pleinement conscient. Le voyagiste a investi dans le Nord Est de la Chine dans un domaine où il est "pionnier", explique-t-il: le ski. Il veut ainsi apprendre aux Chinois à aimer cette pratique et la montagne. En espérant qu'ils viennent ensuite s'entraîner dans "le meilleur endroit pour le faire", les Alpes françaises...

Ce "facteur temps" peut-il porter préjudice à François Hollande, qui ne reste que deux jours dans un pays qu'il n'avait encore jamais visité ? Pas forcément selon l'ancien Premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin, qui fait partie de la délégation officielle. Selon lui, le chef de l'Etat est devant une page blanche, il n'a aucune cicatrice, il a tout à écrire avec son partenaire chinois.

Mathieu Jolivet envoyé spécial à Pékin et Nina Godart