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Croissance : les Etats-Unis ralentissent mais font mieux que prévu

La croissance de l'économie américaine a été révisée en légère baisse au deuxième trimestre.

La croissance de l'économie américaine a été révisée en légère baisse au deuxième trimestre. - Mark Thompson - AFP

Sur un an, la hausse du PIB atteint 2,1% : c’est moins qu’au trimestre précédent mais c’est 0,3 point de plus que le consensus. De quoi calmer les ardeurs de la Fed ?

La résistance de l’économie américaine s’illustre une nouvelle fois. Malgré les vents contraires, la croissance du PIB au deuxième trimestre reste solide avec +2,1% (en première estimation).

Le ralentissement de l'activité se fait bien sentir, le premier trimestre affichait un brillant +3,1%, mais les économistes s’attendaient à +1,8% compte tenu des tensions commerciales et du ralentissement mondial.

La hausse importante des dépenses des ménages (+4,3%) compense en effet l'impact négatif du recul des exportations et la contribution négative de l'évolution des stocks.

"La physionomie de cette croissance est plus encourageante que ce que j'escomptais", a commenté Paul Ashworth, économiste en chef pour les Etats-Unis pour Capital Economics.

Ce bon résultat risque néanmoins d’être assez mal perçu par les marchés. « Des données du PIB plus élevées que prévu pourraient paradoxalement inquiéter les investisseurs en actions car elles pourraient exclure ou retarder toute nouvelle mesure de stimulation de l'économie de la part de la Réserve fédérale, même si cela reste un scénario très improbable », commente Pierre Veyret chez ActivTrades.

Bond de la consommation des ménages

En juin dernier, la Fed avait en effet souligné l'aggravation "des incertitudes" économiques et "agira comme il le faut pour soutenir l'expansion", laissant entendre qu'elle est prête à assouplir sa politique monétaire (voir vidéo en bas d'article).

Si la perspective d’une baisse des taux est acquise pour fin juillet, l’ampleur de celle-ci fait toujours débat. La question est donc de savoir si la banque centrale va s’appuyer sur cette croissance encore solide et se contenter d’une baisse de 25 points de base. Ou passer outre, s’inscrivant sur un temps plus long, et aller plus loin avec une baisse de 50 points de base comme le réclame les marchés.

La Fed pourra également s’appuyer sur le chiffre de l’inflation qui lui reste toujours inférieur aux objectifs avec +1,8% au deuxième trimestre. Or, l’institution estime que 2% est la cible. Mais c'est mieux qu'au premier trimestre où elle était de 1,1%.

L'industrie manufacturière commence également à montrer des signes de faiblesse, selon de récents indicateurs, et les créations d'emplois ont ralenti en mai. Mais surtout la guerre commerciale avec la Chine, avec sa menace de nouveaux tarifs douaniers punitifs, assombrit grandement l'horizon.

D'ailleurs, les échanges, handicapés non seulement par ces incertitudes mais aussi par la faiblesse de l'économie mondiale, ont porté un coup à la croissance trimestrielle américaine. Les exportations ont ainsi chuté de 5,2%, leur plus mauvais score en neuf mois depuis que l'administration Trump a entamé son bras de fer commercial avec la Chine.

Autant d'éléments à prendre en compte pour la Fed.

la rédaction