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Crise entre le Japon et la Chine : "Les deux pays ont trop d'intérêts communs"

Des manifestations hostiles à la Chine ont eu lieu au Japon.

Des manifestations hostiles à la Chine ont eu lieu au Japon. - -

La bourse de Tokyo était encore en baisse ce mercredi 26 septembre. En cause: les tensions persistantes entre la Chine et le Japon. Pourtant, Françoise Nicolas,directrice du Centre Asie de l'Institut français des relations internationales (Ifri), livre une analyse optimiste.

La crise entre le Japon et la Chine affecte l’économie de la région. A titre d’exemple, Toyota, Nissan et Suzuki sont en train de réduire leur production en Chine après les manifestations anti-japonaises des dernières semaines. La bourse de Tokyo était, elle, de nouveau en baisse ce mercredi 26 septembre. Pourtant, cette crise devrait aboutir à une issue favorable, comme l’explique Françoise Nicolas, directrice du centre Asie de l’Institut français des relations internationales (Ifri).

BFMBusiness.com: Quel pourrait être l’impact économique de la crise entre la Chine et le Japon ?

Françoise Nicolas: A très court terme, il y a déjà des effets visibles. Les difficultés de Japan Airlines en attestent. Il y a moins de voyages entre les deux pays, moins d’achats de biens entre eux, certains magasins japonais en Chine ont été détruits etc. Mais je ne pense pas que cela ait d’impact à long terme. Les deux pays ont trop d’intérêts communs.

Vous êtes donc plutôt optimiste quant à son issue…

Aucun des deux n’a intérêt à ce que le conflit s’aggrave, tant les relations économiques sont denses. Les Chinois pourraient se détourner des produits japonais, mais les trois quarts sont produits en Chine ! A l’inverse, le Japon ne peut pas se passer de la Chine car elle est son premier partenaire commercial. En clair, si l’on veut sanctionner le voisin, on se sanctionne soi-même.

Quelle est l’origine de cette crise et comment faire pour la résoudre ?

Il faut simplement que les deux pays règlent leurs propres affaires. Au Japon, le gouvernement a seulement décidé d’acheter les îles [que Pekin revendique également, NDLR] à leurs propriétaires pour court-circuiter le maire de Tokyo, qui s’apprêtait à le faire. Quant au pouvoir chinois, il sent que sa succession ne se passe pas d’une façon aussi lisse que prévue, il veut ainsi redorer son blason et effectuer une belle sortie. Cette crise est le fruit de considérations internes, voilà tout.

Yann Duvert