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Faut-il s'inquiéter de l'inflation spectaculaire aux Etats-Unis?

Les prix à la consommation ont bondi de 5% en mai sur un an aux Etats-Unis, leur plus forte hausse depuis près de 13 ans. Mais le chiffre n'est pas (encore) réellement préoccupant.

L'inflation, c'est bien le nerf de la guerre pour les banques centrales. Leur principale mission consiste d'ailleurs à empêcher que les prix ne s'envolent ou qu'ils ne reculent durablement. Alors quand les chiffres de l'inflation américaine sont tombés ce jeudi, il y a eu quelques sueurs froides: +5% au mois de mai, sur un an. C'est la plus forte hausse en 13 ans et peut-être la preuve du retour tant redouté de "l'inflation", celle qui dépasse les 2%, objectif commun aux Etats-Unis comme en Europe.

5% au mois de mai, après 4,2% en avril et 2,6% en mars, cela ressemble à un emballement… Pourtant, la banque fédérale américaine reste sereine comme la plupart des acteurs des marchés financiers. "Un tiers de l'indice de l'inflation, ce sont les ventes de voitures d'occasion", explique Gregori Volokhine, président de Meeschaert sur BFM Business. Effectivement, leurs prix ont augmenté de 7,3 % en mai.

"C'est clair que les voitures d'occasion ne vont pas continuer augmenter de 7% par année sinon elles deviendront plus chères que les voitures neuves", poursuit Gregori Volokhine.

De la même façon, "il y a une hausse des loyers" explique-t-il. "Finalement! Car les loyers avaient beaucoup baissé pendant toute la pandémie". La hausse du mois de mai n'est pas énorme: +0,3%. "Sauf que les loyers, c'est 40% de l'indice" total de l'inflation, insiste Gregori Volokhine.

"Eux, c'est eux et nous, c'est nous"

De l'autre côté de l'Atlantique, on reste aussi serein. "L’inflation monte, mais reste en dessous de notre cible de 2% en moyenne" au sein de la zone euro, explique le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau sur Radio Classique, ce vendredi.

"La situation américaine est assez différente de la situation européenne", souligne-t-il, lui qui voit aussi dans l'inflation américaine un "certain nombre de facteurs temporaires du fait que l'économie américaine se dégèle".

"En Europe, pour le même mois, c'est 2%" et l'inflation sous-jacente (qui exclut les prix de l'énergie et des aliments, jugés trop volatiles) "est de 0,9% en zone euro", rappelle François Villeroy de Galhau. En clair: "Eux, c'est eux et nous c'est nous." Pour le moment, donc, pas d'inquiétude, assurent en choeur les banques centrales. Mais la hausse des prix continuera d'être surveillée comme le lait sur le feu.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business