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XL Airways : "Reprenez nos salariés et arrêtons cette gabegie" lance Laurent Magnin

Quelques heures après l'annonce par le tribunal de Commerce de Bobigny de la liquidation d'XL Airways, le patron de la compagnie aérienne est revenu sur la situation très compliquée du secteur aérien en France.

"On y a cru, jusqu'au bout." Le patron de la compagnie XL Airways ne peut que constater l'échec : son entreprise a été placée en liquidation, ce vendredi par le tribunal de commerce Bobigny.

"Le mot 'liquidation', c'est exactement ce qu'il nous arrive, comme dans un mauvais film noir où les méchants tuent les bons. On a deux compagnies historiques, 1947 pour Aigle Azur et 1995 pour XL Airways. Deux compagnies liquidées en sept jours, ce n'est jamais arrivé dans l'histoire du pays" regrette aujourd'hui Laurent Magnin, invité dans Inside Business.

"C'est un échec, c'est le mien, c'est celui du patron d'Aigle Azur mais c'est aussi l'échec du pavillon (français, ndlr). Je suis passé dans toutes vos chaînes, les unes après les autres, pendant des années, pour dire que dans un marché où le pavillon régresse, c'est-à-dire où on perd des parts de marché, inéluctablement à un instant T de l'histoire, les compagnies tombent. Vous perdez des parts de marché. L'ensemble du pavillon français perd des parts de marché. "

Alerte sur les autres compagnies

"Je vous amène à regarder les résultats financiers d'un certain nombre de compagnies, des filiales d'Air France" poursuit-il. "Elles montrent l'incroyable fragilité du pavillon par rapport à l'attaque que nous subissons de nos concurrents qui se réjouissent de pouvoir de plus en plus prendre pied à l'intérieur du marché français."

"Je lance un message à tout le monde : aujourd'hui, les compagnies françaises, 20 ans de pertes de parts de marché. On fabrique des Airbus mais quand on les fait voler, on fait rire le monde" se désole Laurent Magnin. "Je lance un message à ceux qui survivent aujourd'hui : battez-vous, cessez de les faire rire. Reprenez nos salariés, servez-vous de nos salariés pour leur répondre et arrêtons cette gabegie."

Air France ? "On a compris"

Regrette-il encore qu'Air France n'ait pas voulu lui venir en aide ? "Il y avait une totale impossibilité pour Air France, après un an de reconstruction sociale, d'aller prendre des filiales qui pouvaient menacer le groupe. On a compris ça" reconnait-il aujourd'hui. De la même façon, Laurent Magnin n'entend pas enfoncer le gouvernement et surtout pas Jean-Baptiste Djebbari, le Secrétaire d'État chargé des Transports. "C'est la première fois de ma vie, après 45 ans d'aérien, que j'ai un ministre facilement au téléphone sur sa ligne directe quatre fois par jour. Il s'est totalement occupé de nous" assure le patron d'XL Airways.

Mais il a néanmoins un message à faire passer : "il faut arrêter d'intervenir quand les compagnies sont en train de se casser la gueule en claquant un fric fou" lance Laurent Magnin. "Il faut faire du préventif, il faut retourner la table" pointant du doigt les taxes imposées au secteur aérien français.

Thomas Leroy