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Voitures autonomes : 55 millions de ventes d’ici 2040 ?

Renault avait présenté l'an dernier cette voiture autonome capable d'évoluer seule sur l'autoroute.

Renault avait présenté l'an dernier cette voiture autonome capable d'évoluer seule sur l'autoroute. - Renault

Le marché va accélérer, selon une étude de l’Idate, porté notamment par les efforts de géants de la tech et l’appétence du marché asiatique.

Encore en phases de tests, les voitures connectées et autonomes pourraient représenter un marché de 55 millions de véhicules vendus d’ici 20 ans. Selon une étude du think-thank numérique français Idate, ce sont (encore une fois) les pays de l’Asie-Pacifique qui seront en tête des ventes et devraient demeurer à la première place d’ici 2040, tous niveaux d’autonomie confondus.

Les constructeurs nord-américains arrivent à la seconde place « mais devraient connaître une croissance moins rapide que leurs voisins asiatiques. Ils sont pourtant toujours leaders des initiatives de tests et ont déjà expérimenté des véhicules autonomes dans 35 villes. L’écosystème européen arrive en suite du classement avec 33 villes testées ».

Les véhicules pleinement autonomes, c’est-à-dire de niveau 4 et 5, ne devraient pas arriver sur le marché avant 2025-2030. Mais l’accélération du marché sera alimentée par deux canaux. Les constructeurs historiques qui multiplient les initiatives dans le domaine, dernier exemple en date l’alliance entre BMW et Daimler. Mais aussi et surtout les géants de la tech comme Google, Apple et Baidu.

Freins

S'il y en a un qui est avance sur ce terrain, c'est Alphabet (Google) avec sa filiale Waymo. Ce dernier est celui qui a procédé au plus d'expérimentations, en totalisant 64 % de l'ensemble des kilomètres parcours par les opérateurs d'automobiles autonomes en Californie. Ses véhicules autonomes sont par ailleurs plus efficaces.

Apple est en embuscade (il vient de s’offrir a start-up Drive.ai qui développe notamment des navettes autonomes qui circulent au Texas et un kit de conduite autonome adaptable sur des véhicules de série).

Le chinois Baidu « est l’acteur le plus à la pointe de la technologie concernant la mobilité autonome et a investi massivement dans l’intelligence artificielle. Le leader chinois a notamment lancé un programme de robots-taxis dans la ville de Changsha, en lançant un minibus prototype de 14 sièges. L’objectif est d’atteindre une flotte de 100 véhicules à la fin de l’année 2019 », souligne l’Idate.

Pour autant, le think-thank met en avant quelques freins. « Les enjeux éthiques et réglementaires liés à l’autonomisation de la mobilité sont multiples et autant de freins au développement du secteur. La responsabilité du constructeur est en jeu en cas d’accident pour tout véhicule en dessous du niveau 3. Des constructeurs tels que PSA ont donc arrêté le développement de véhicules de niveaux 4 et 5 ».

« Sans oublier que le coût extrêmement élevé de ces véhicules et que les inquiétudes que ce type d’innovations suscitent pour les consommateurs demeurent des obstacles majeurs », concluent les experts.

Olivier CHICHEPORTICHE