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Voiture autonome: l'étude qui rassure les constructeurs

Alors que la Google Car a traversé les États-Unis, le C4 autonome de Citroën a effectué un Paris-Bordeaux sans que le conducteur prenne le volant.

Alors que la Google Car a traversé les États-Unis, le C4 autonome de Citroën a effectué un Paris-Bordeaux sans que le conducteur prenne le volant. - Citroën

Le Boston Consulting Group et le Forum économique mondial ont réalisé une étude sur les attentes des consommateurs avec la voiture autonome. Pour les Français, cette offre doit venir des grands groupes automobiles.

Confort, sécurité et écologie sont les atouts des voitures autonomes qui, pour se rendre d’un point à un autre n’ont pas vraiment besoin d’un humain, ni de passer à la pompe à essence. Ces promesses ne laissent pas les automobilistes indifférents, et cette fois, ce n’est pas un constructeur qui le dit. Le Boston Consulting Group et le Forum économique mondial ont réalisé une étude inédite pour en savoir plus sur les attentes des consommateurs. Ils ont interrogé 5.500 personnes dans dix pays.

Selon cette étude, les Français ne sont pas les derniers à attendre l’arrivée de ces voitures: 60% se disent déjà prêts à s’équiper. Un score plus élevé qu’aux États-Unis ou qu’en Grande-Bretagne (50%), qu’en Allemagne (44%) ou qu’au Japon (36%). Les Indiens et les Chinois sont les plus pressés avec 85% et 75% de conducteurs interrogés.

Mais l’information la plus inattendue peut être perçue comme un signe d’espoir pour les constructeurs traditionnels qui se sentent menacés par les géants américains des nouvelles technologies. Malgré l’attractivité de Google, d’Apple ou de Tesla, le cœur des Français penche vers les constructeurs traditionnels.

Français, Allemands et Japonais soutiennent leur industrie

Pour 50% des Français, la confiance se porte sur les constructeurs traditionnels contre 13% qui préfèrent les voitures sous Android (Google) ou sous iOS (Apple). Cette tendance touche aussi les autres pays où le secteur automobile est puissant. Allemands et Japonais sont 58% à soutenir leur industrie. Des résultats très supérieurs à la moyenne mondiale qui s’élève à 46%.

"Cette enquête est une nouvelle rassurante pour les groupes automobiles traditionnels", signale Hadi Zablit, directeur associé senior du BCG à Paris. "Nos conclusions indiquent que les consommateurs attendent que les constructeurs automobiles jouent un rôle de premier plan dans la conception des véhicules autonomes, les acteurs de la technologie comme Apple ou Google apportant leurs expertises pertinentes".

En effet, Français, Allemands et Japonais ne sont pas opposés aux technologies américaines. 70% soutiennent même les partenariats. Mais à la condition que les véhicules soient électriques ou hybrides. Pour cela, ils sont prêts à payer jusqu’à 5.000 dollars de plus. Et encore une fois, la France n’est pas en reste. "C’est le cas de 50% des consommateurs français, devançant de peu le Royaume-Uni, l’Allemagne et largement les États-Unis".

Les assureurs sont-ils les derniers sceptiques?

Les Américains semblent pris entre deux feux: soutenir leur puissante industrie traditionnelle de Ford ou General Motors ou les nouveaux acteurs comme Google, Apple ou même Tesla? Le choix semble autant cornélien que d'avoir à choisir entre son père et sa mère.

En attendant, les consommateurs des dix pays interrogés s’accordent sur deux autres points bien plus sensibles, comme l’indique Antonella Mei-Pochtler, directrice associée au BCG à Vienne. Ils veulent être "protégés contre le risque de cyberattaques et bénéficier d’un cadre juridique approprié". Car si les voitures autonomes peuvent faire chuter les accidents de la circulation (de 80% d’ici 2040 selon le cabinet KPMG, ndlr), les assureurs ne savent toujours pas comment ils vont déterminer le responsable en cas de problème: le constructeur du véhicule, les fournisseurs des technologies, la compagnie qui gère les routes et la signalisation ou le conducteur?

Comme l’indiquait en juin dernier lors de la publication d’une étude KPMG François Nédey, directeur technique assurances de biens et de responsabilités chez Allianz France, cette nouvelle génération de voitures imposera "des évolutions profondes de la réglementation" à tel point que pour l’instant, elle représente (…) non pas un bond en avant, mais "un saut dans l’inconnu".

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco