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Véhicules neufs: ce "double effet" qui dynamise le marché français, selon François Roudier (CCFA)

Les immatriculations de voitures neuves en France ont augmenté de 8,74% en octobre 2019, selon les données publiées ce vendredi par le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA). Une heureuse nouvelle que son porte-parole, François Roudier, avait anticipée.

Le marché automobile français a connu une hausse de 8,74% sur un an en octobre, mais stagne sur les dix premiers mois de l'année. Tels sont les chiffres que le CCFA vient de publier ce vendredi. Invité sur le plateau de Good Morning Business, François Roudier estime que ces chiffres n'ont, en fin de compte, rien d'étonnants.

"Nous étions persuadés que le marché ne serait pas – comme certains semblent l'imaginer – à -3, -4%. On pense à un marché qui va être égal à celui de l'année dernière. Peut-être même supérieur (…) En fait, vous avez un double effet. Il y a un effet d'une bonne activité économique qui favorise le renouvellement des flottes d'entreprises, la consommation des ménages en plus", explique le porte-parole du CCFA. Ce qui favorise l'achat de nouveaux véhicules dont le prix moyen constaté avoisine les 16.000 euros.

Et de poursuivre: "On voit que l'attrait des nouveaux modèles qui consomment moins, qui ont plein de nouveautés technologiques que l'on adore dans nos véhicules poussent les gens à changer leurs véhicules".

Les bons comptes de la prime à la conversion

En outre, les chiffres de la prime à la conversion le prouvent. Près de 250.000 Français l'on déjà utilisée et 80% des véhicules retournés ne sont autres que des diesel. Ce que François Roudier voit, là encore, d'un bon œil.

"Nous on veut absolument assainir ce parc automobile français qui avait tendance à vieillir terriblement. On est à plus de neuf ans d'âge (…) On voit globalement une sortie de très vieux véhicules qui sont remplacés par des véhicules neufs qui polluent moins, qui ont des conditions de sécurité actives et passives remarquables. Donc pour nous, c'est une excellente chose".

1,830 million de nouvelles immatriculations depuis début 2019

En octobre, 188.985 voitures particulières neuves ont été mises sur les routes en France. De janvier à octobre, les nouvelles immatriculations ont atteint un total de 1,830 million de véhicules, contre 1,836 à la même période de l'an dernier.

Parmi les constructeurs français, Renault (avec Dacia, Alpine) a fait nettement mieux que la moyenne, avec des immatriculations de voitures neuves en hausse de 18,86%, avec 39.717 véhicules immatriculés, tandis que PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel), en route vers une fusion avec Fiat Chrysler, stagne (+0,8%) à 61.668 véhicules, selon le CCFA.

Les chiffres du marché automobile ont été chamboulés depuis la mise en place d'une nouvelle norme antipollution européenne en septembre 2018. Le groupe Volkswagen, qui figurait l'an dernier parmi les principaux perdants du changement de norme, s'est rétabli spectaculairement cet automne.

Le groupe allemand, premier importateur en France, voit les immatriculations bondir de 31,6% à 17.531 véhicules en octobre, après s'être envolées de 46,9% en septembre. L'ensemble des labels du groupe allemand ont suivi le mouvement: Audi (+45,48%), Seat (+39,05%), Porsche (+427,2%) et Bentley (+250%).

Les groupes Nissan (+24,42%), Hyundai (+15,8%) et Tata (+44,74%) ont également connu une belle croissance, tandis que Daimler (Mercedes, Smart) était en recul de 13,24%, et Suzuki de 28,53%. Par ailleurs, depuis janvier, la part du diesel continue de baisser atteignant 34% des immatriculations (-5 points). Si les modèles essence stagnent à 58,3%, les modèles électrifiés, bien que minoritaires, poursuivent leur percée.

Les hybrides (essence-électrique) sont en hausse de 5,4% sur dix mois avec 99.727 véhicules, et les tout électriques progressent de 1,9% avec 34.760 nouveaux véhicules immatriculés.

J.C-H avec AFP