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Val-de-Marne: le projet de téléphérique entre Créteil et Villeneuve-Saint-Georges divise

Une enquête publique vient d'être lancée autour du projet de téléphérique Câble A-Téléval entre Créteil et Villeneuve-Saint-Georges. Si certains y voient un gain de temps sur les transports traditionnels, des habitants de Créteil craignent des nuisances. Les élus plaident la concertation.

Le téléphérique va-t-il faire son entrée dans le paysage des transports franciliens? Ce lundi, une enquête publique a été lancée autour du projet du Câble A-Téléval qui doit relier Créteil à Villeneuve-Saint-Georges. Ces 4,5 km de lignes aériennes permettraient de rejoindre en 17 minutes Villeneuve-Saint-Georges jusqu'au terminus de la ligne 8 à Créteil. Un projet de grande envergure de 132 millions d'euros, synonyme de gain de temps pour les défenseurs du projet. 

"C'est vrai que quand on prend les transports en commun, on a l'idée que ce n'est pas suffisant. On peut parfois attendre plus de 20 minutes, une demi heure, un bus qui n'arrive pas. Le Téléval va vraiment simplifier la vie au quotidien. Pour aller travailler, c'est un gain de temps évident", estime Edwige Charbit, présidente du collectif "Vite le Téléval!"

"Ca rajoutera du bruit"

Principal avantage du téléphérique sur la construction d'une ligne de bus, il permettrait de franchir des obstacles comme la voie ferrée ou encore la route sans avoir à construire d'infrastructures lourdes comme un pont. 

Mais ce téléphérique urbain est loin de faire l'unanimité. A Créteil, des habitants du quartier des Sarrazin se mobilisent contre ce projet de nouveau transport. Ils dénoncent les futures nuisances visuelles et sonores.

"Il va être très haut, on va le voir de tout l'environnement, ça va être très gênant", déplore l'un des opposants au Téléval. "Le bruit ça se multiplie, ça rajoutera du bruit, sachant qu’on a déjà le métro qui fait beaucoup de bruit, qu’on a aussi les avions, on a le TGV et on a les routes", ajoute une riveraine. 

"Limiter les contraintes"

Les élus qui défendent le projet se veulent rassurants, comme la maire PCF de Villeneuve-Saint-Georges. "Ils se trompent en pensant qu'ils auront plus de bruit. Le téléphérique ne va pas passer devant leurs fenêtres", assure-t-elle sur BFM Paris. Des difficultés techniques existent néanmoins reconnaît IDF-Mobilités. 

"Il faut passer loin des immeubles, loin des maisons pour des raisons de sécurité. Un câble ça va tout droit, ça veut dire qu'il faut trouver le tracé qui rentre bien et les stations, ça prend plus de place qu'une station de métro puisqu'il faut les faire en aérien", explique Laurent Probst, direteur général IDF-Mobilités. "Comme tout projet de transport, le câble va générer des contraintes pour les riverains, notre travail c'est de limiter les contraintes", 

Avec ses 60 cabines de 15 places chacune, le Téléval pourrait transporter 1.200 personnes par heure et 10.000 personnes par jour. Mais le projet a encore beaucoup d'étapes à franchir. A l'issue de l'enquête publique le 11 mai, un avis de la Commission d'enquête sera publié sur le projet. Sur la base de cet avis, le Préfet a un an pour se prononcer sur l'utilité publique du projet avant un éventuel lancement du chantier. 

Florian Chevallay, Jean-Baptiste Graziani avec Carole Blanchard